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Jeunesse

Discipline républicaine

SNU. La chargée de la Jeunesse et de l’Engagement s’adresse aux jeunes avec un crucifix en arrière-plan

La chargée de la Jeunesse et de l'Engagement Sarah El Hairy, la même qui s'alarmait en novembre dernier d'un échange sur la religion avec des jeunes des quartiers prioritaires, la même qui défend la laïcité quand il s'agit de l'opposer à la religion musulmane, n'a pas semblé s'inquiéter du crucifix qui se trouvait dans la salle de classe où elle a rencontré les jeunes volontaires du SNU.

vendredi 25 juin

Crédits image : Huffpost

Ce n’est pas une nouveauté que le combat pour la laïcité républicaine du gouvernement Macron se concentre uniquement sur la stigmatisation des musulmans. Mais une vidéo publiée par Huffpost à propos du lancement du SNU 2021 montre des images glaçantes : à l’intérieur d’une salle de classe, des enfants de 15 à 16 ans vêtus d’uniformes policiers se tiennent de manière irréprochable à l’écoute de la chargée de la Jeunesse et de l’Engagement Sarah El Hairy, qui leur parle sans aucun complexe avec un crucifix en arrière-plan.

Ce qui est scandaleux et hypocrite dans cette image, c’est le fait que Macron, Blanquer et tout son gouvernement, depuis le début, ont mené une énorme offensive contre la religion musulmane au nom d’une certaine laïcité, qui n’est rien d’autre qu’une laïcité à géométrie variable. Cela nous donne un aperçu assez clair des « valeurs républicaines » que le gouvernement cherche à défendre avec la mise en place de ce Service National Universel.

En effet, les participants du SNU sont obligés de porter correctement l’uniforme quasi policier avec la cocarde bleu blanc rouge, de se lever à 6 h 30 pour entonner la Marseillaise en rang d’oignons, de participer à un « parcours du combattant » et même à un raid commando, afin de former des soldats dociles et ainsi humilier toute une génération de jeunes à qui le gouvernement ne promet que la précarité.

Sous couvert d’un « engagement citoyen », le gouvernement cherche à promouvoir les valeurs qui émanent d’un État impérialiste qui opprime, précarise et même assassine à l’intérieur et à l’extérieur du territoire, derrière l’idée d’une « unité nationale », d’un « patriotisme » et même de la nécessité d’une « défense nationale » plus que dangereuse dans le contexte sécuritaire et islamophobe que nous traversons.




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