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Grève des contrôleurs

SNCF. Berger joue encore aux briseurs de grève : la base de la CFDT doit le dénoncer !

Ce jeudi, Laurent Berger s'est prononcé contre le mouvement de grève des contrôleurs. Le secrétaire général de la CFDT emboîte ainsi le pas au gouvernement, à la direction de la SNCF et aux grands médias, pour légitimer le « cheminot bashing » et les attaques contre le droit de grève.

Mahdi Adi

22 décembre 2022

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« La CFDT n’est pas d’accord avec cette grève au moment de Noël. » La phrase a été prononcé par Laurent Berger, ce jeudi 22 décembre sur BFM TV au sujet de la grève des contrôleurs SNCF pour les salaires annoncée ce week-end. Considérant que « ça ne se justifie pas d’aller supprimer des trains pendant cette période [...] parce que c’est une sanction très lourde contre les usagers de la SNCF », le secrétaire général de la CFDT a étayé ses déclarations en affirmant qu’après avoir « négocié avec l’employeur, il y a eu un certain nombre d’avancées salariales qui ont été obtenues pour les personnels ».

Pour justifier sa position, Laurent Berger fait ainsi référence à la proposition de la direction d’accorder notamment une prime de 600 euros bruts par an (soit 38,50 euros nets par mois) aux contrôleurs en échange de l’arrêt du mouvement. Alors que la SNCF a réalisé près d’un milliard de bénéfices en 2022, cette proposition a été perçue comme une « insulte » par les grévistes. D’autant plus que, comme l’ensemble des travailleurs, les agents de contrôle subissent l’inflation qui atteint les 6% cette année et s’envole au-delà de 10% pour les produits alimentaires, l’énergie ou encore le carburant.

Pendant ce temps sur les chaînes d’informations, les éditorialistes multiplient les sujets favorables aux restrictions voir à l’interdiction du droit de grève. La veille Olivier Véran faisait la leçon aux cheminots en affirmant que « à Noël, on ne fait pas la grève ». Le porte-parole du gouvernement invoquait ainsi : « la vie n’est pas facile pour les français, avec l’inflation, avec la guerre en Europe, on a besoin de pouvoir se retrouver et souffler ». Du côté de la droite, le maire de Nice Christian Estrosi a demandé sur France Info au gouvernement de « procéder à des réquisitions des personnels de la SNCF pour que les français puissent circuler normalement » pendant les fêtes.

En Conseil des Ministres, Emmanuel Macron aurait même demandé de « réfléchir à la mise en place d’un cadre pour assurer la continuité des services publics en toutes circonstances », rapporte Le Figaro. De cette manière, le gouvernement entend intimider les grévistes qui pourraient être une nouvelle fois nombreux après avoir mobilisé près de 90% des agents de contrôle le week-end du 3 et 4 décembre. Mais il pourrait aussi ouvrir la voie à de nouvelles offensives contre le droit de grève à l’heure de ce mouvement « inédit » où les directions syndicales ne semblent plus avoir le même pouvoir de contention vis-à-vis de la base comme l’illustre le mouvement en cours.

Dans ce cadre, les déclarations de Laurent Berger contre la grève sont donc un véritable coup de couteau dans le dos des cheminots et des travailleurs en général. Une position elle-même en porte-à-faux avec celle de la CFDT Cheminots qui affirmait ce lundi continuer à « porter la colère des ASCT » tout en dénonçant « le SNCF bashing dans les médias ». Pour être en cohérence avec leur positionnement et si elle défend réellement les ASCT en grève, la CFDT Cheminots devrait à minima se désolidariser de la position du secrétaire général de la CFDT.

Face aux briseurs de grèves, les structures syndicales combatives devraient non seulement dénoncer le « cheminot bashing » mais prendre position en soutien au mouvement de grève des ASCT. Alors que l’offensive gouvernementale vise le droit de grève, il est plus que nécessaire de faire front pour défendre le droit des travailleurs à défendre leurs revendications et ce quelques soient le calendrier.


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