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Notre classe

Première ligne en grève

SIAP Bassens. Grève dans l’usine de gestion de déchets dangereux, soutenons les ouvriers !

100% en grève depuis vendredi sur le site de Siap Prociner, filiale de Véolia, à Bassens (33), les ouvriers revendiquent la reconnaissance de leur statut et la hausse des coefficients sur la grille des salaires : un combat contre la précarité qui touche de plein fouet les travailleurs en première ligne de la crise sanitaire. Les grévistes ont besoin de votre solidarité, participez à leur caisse de grève !

mardi 22 juin

Les ouvriers de l’usine Siap Prociner (Sarp Industries Aquitaine Pyrénées), dans la Zone Industrielle de Bassens (33), sont en grève depuis vendredi midi pour exiger la reconnaissance de leur statut et la hausse des coefficients sur la grille des salaires : « pour travail et compétences égaux, nous voulons des coefficients et salaires égaux » revendiquent les grévistes dans le texte de leur caisse de grève. En effet, ces travailleurs ont été en première ligne durant toute la crise sanitaire, ils ont continué à trier les déchets de la métropole bordelaise, déchets de tous types et mêmes les plus dangereux : Dasri (Déchets d’Activités de Soins à Risques Infectieux), déchets hospitaliers, acides, soudes, solvants… Depuis un an - selon les chiffres de la CGT SIAP - les conteneurs en provenance des hôpitaux ont augmenté de 20%, ce sont des piles de masques, blouses et scalpels usagés. En 2020, environ 10 000 tonnes de déchets ont été incinérées sur le site de SIAP à Bassens, soit 20% de plus que l’année précédente.

En ce qui concerne les ouvriers de Prociner, ils n’ont encore touché aucune prime et les salaires n’ont que très faiblement augmenté et ce alors même qu’ils ont constitué cette première ligne des travailleurs essentiels qui ont montré, encore plus durant la crise sanitaire, qu’ils font tourner la société. Bien que la direction de Siap Industries refuse d’entendre leurs revendications et donc d’augmenter les grilles de salaires, il est important à noter que ce n’est pas dû à des difficultés financières de l’entreprise mais au contraire à une politique qui est celle du groupe Veolia dont elle est une filiale : Veolia est effectivement un géant mondial de la gestion des déchets, multinationale française dont le chiffre d’affaires chiffre s’élevait à 2,6 milliards en 2019 ; dans le même temps le groupe continue d’appliquer des plans de restructuration, d’externalisations qui précarisent et menacent massivement l’emploi.

Depuis vendredi, la grève est largement majoritaire sur le service d’incinération des déchets puisqu’elle est suivie à 100% des 35 ouvriers. Ils tiennent toute la journée des piquets de grève où sont également venus des soutiens extérieurs, à commencer par des travailleurs de secteurs de la santé et des hôpitaux, de la blanchisserie du CHU Haut-Lévêque, ainsi que de leurs collègues du site voisin Cerexagri qui a récemment mené une grève de 3 semaines, la CGT Ford avec un passage de Philippe Poutou, la CGT Stryker, ou encore des militants jeunes et travailleurs de Révolution Permanente.

Dans l’après-midi du lundi 21 juin, la direction avait d’ores et déjà envoyé la police au domicile d’une quinzaine de grévistes pour les réquisitionner le lendemain : des méthodes pour le moins honteuses qui montre bien le vrai visage du patronat prêt à tout pour casser une grève et préserver ses profits. Mardi matin l’usine tournait quasiment à la normale, car en plus des réquisitions minimum, la direction a remplacé les grévistes par des intérimaires et des cadres, ce qui constitue un facteur de plus dans l’entrave au droit de grève sans même se soucier des dangers que cela implique, car les cadres n’ont pas la formation nécessaire pour manipuler les déchets dans l’usine et effectuer certaines opérations.

Mardi midi s’est alors tenu la première Assemblée Générale de la grève où s’est discutée de répondre aux offensives de la direction, et ainsi réfléchir collectivement et démocratiquement aux suites du conflits, à son organisation et aux actions à mener pour durcir le rapport de force.

Dans la matinée de mardi sur le piquet de grève et lors de l’Assemblée Générale, il a donc été décidé de lancer une caisse de grève portée par la CGT SIAP pour soutenir l’ensemble des grévistes et tenir la grève jusqu’à gagner leurs revendications face à la direction. Ce jeudi 24 sera notamment une journée importante pour la mobilisation, une convergence est d’ores et déjà prévue avec une usine voisine de la zone industrielle dans laquelle un mouvement de grève débute également, de plus, des actions sont prévues et nécessiteront un soutien important !

Nous vous invitons à participer à la caisse de grève et à la partager, mais aussi à venir les soutenir sur le piquet de grève de l’usine tous les jours de 9h à 16h (à la Zone Industrielle de Bassens).

Les grévistes ont besoin de votre solidarité, vous pouvez retrouver la caisse ici.




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