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Pénurie de carburant

« Risques d’arrêt des réseaux de bus » en Ile-de-France faute de carburant : la grève s’installe

Cet après-midi, le directeur adjoint de Keolis a prévenu du risque d’un arrêt imminent d’une partie du réseau de bus en grande couronne, faute de carburant. Un nouvel exemple de l’impact de la grève des raffineurs, qui appelle à une large solidarité.

lundi 10 octobre 2022

La grève se poursuit dans la pétrochimie ce lundi, alors que les travailleurs de Total Normandie et de ExxonMobil ont voté la reconduction de la grève pour les salaires. Une lutte qui a un important impact ces derniers jours, avec de nombreuses stations-essence en rupture de stock d’au moins un type de carburant, provoquant des queues de plusieurs kilomètres, notamment dans le Nord de la France, dans les bouches du Rhône et en région parisienne.

C’est dans ce contexte que ce lundi, sur Twitter, Yohenn Dupuis, le directeur adjoint du groupe Keolis, a annoncé le risque d’arrêt imminent d’une partie des réseaux de bus en région parisienne. « L’état des stocks de carburant au sein des entreprises @optile_idf devient critique, avec des risques d’arrêt imminent des réseaux de bus de Grande Couronne #penuriecarburant » a-t-il ainsi écrit. Dans un second tweet, le dirigeant en appelle à l’État « pour faire rétablir urgemment les livraisons. » Autrement dit, qu’il s’attaque au mouvement de grève des raffineurs.

Des tweets qui reflètent l’inquiétude du patronat mais aussi l’impact croissant de la grève en cours. Celui-ci démontre la capacité de frappe des raffineurs, dont la place dans la production permet de bloquer tout un pan de l’économie. Si les grévistes ont subi pendant les dix premiers jours un véritable black-out médiatique, plus personne ne peut faire aujourd’hui comme si la grève n’existait pas. A ce titre, outre Keolis, la SNCF a également mis en garde sur le risque de voir certains de ses trains mis hors service, du fait de la pénurie de carburant qui commence.

Alors que la grève se maintient, le gouvernement et le patronat cherchent à utiliser les pénuries de carburant pour diviser les travailleurs et monter les autres secteurs contre les grévistes, en s’appuyant sur les conséquences de leur lutte. La réalité, c’est qu’ils craignent que le mouvement ne fasse tâche d’huile et ouvre la voie à de nombreux autres secteurs du monde du travail.

Dans ce cadre, alors que l’ensemble de la population est en train de subir de plein fouet la crise économique et la crise énergétique, il est fondamental de se solidariser des raffineurs en lutte. En paralysant l’économie, ils montrent la voie pour un mouvement d’ensemble pour les salaires qu’il y a urgence à construire. En ce sens, du côté des transports, une Rencontre des travailleurs est appelée le 15 octobre, il faudra y être nombreux !



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