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Révolte à Lyon : un jeune de 13 ans dans le coma, la police mise en cause par des témoins

Ce 4 mars en fin de journée, des épisodes de révoltes ont éclatés dans le quartier de la Duchère, à Lyon, suite à l’hospitalisation d’un jeune de 13 ans aujourd’hui plongée dans un coma artificiel. Si les autorités affirment que la police n’est pas impliquée, des témoins affirment que le jeune homme a été renversé d’un scooter par une voiture banalisée de la police, avant d’être abandonnée à son sort.

samedi 6 mars

Crédits photos : LyonMag

« Les équipages ne police n’étaient pas sur place quand l’incident a eu lieu ». C’est en tout cas la version de Thierry Suquet, préfet délégué pour la défense et la sécurité, qualifiant « d’accident » le drame survenu au quartier de la Duchère, à Lyon, ce 4 mars dans l’après midi. Un jeune homme de 13 ans, qui circule en scooter, est en effet entre la vie et la mort, plongé dans un coma artificiel.

Cette version officielle, catégorique quelques heures seulement après les faits et largement reprise dans l’ensemble des médias dominants, est pourtant fortement contestée. Selon des témoins de la scène, le jeune homme, qui circulait sans casque, aurait été percuté par une voiture banalisée de la police avant d’être abandonnée à son sort. C’est ce qu’affirme Hamza Cherifi, le grand frère de la victime, interviewé par BFM TV. « La personne dit formellement que la voiture de police est arrivé derrière mon petit frère en s’amusant à lui faire peur avec des zigzags. Ils ont touchés l’arrière du scooter de mon petit frère qui est tombé et a tapé la tête contre un poteau » explique t-il à l’antenne. Dans des propos relayés par Le Progrès, Hamza Cherifi précise qu’« Une voiture banalisée de police a tapé mon petit frère. Il ne bougeait plus et ils ont pris la fuite. Personne n’a filmé. Il n’y avait que des mamans, des personnes âgées. J’ai recueilli quelques témoignages et j’ai pris un avocat. Pourquoi quand la police fait quelque chose on essaie d’étouffer l’histoire ?Il est dans un coma artificiel, on attend. Sa tête a tapé le trottoir et un poteau ».

Le quartier se révolte, la répression frappe

C’est en fin de journée, peu avant 18h, qu’une révolte à éclaté dans le quartier, à proximité du lycée La Martinière. Très vite, la police a usé de gazs lacrymogènes et les affrontements se sont poursuivis jusqu’aux alentours de 19h. Selon les derniers chiffres, douze personnes ont été interpellés.

Depuis hier soir, l’extrême droite se déchaîne sur les réseaux sociaux. Une vague réactionnaire sur laquelle les politiques surfent, comme Laurent Wauquiez qui en a profité, sur Tweeter, pour tacler le maire de Lyon Grégory Doucet (EELV).

Sur les antennes de BFM TV, Doucet a annoncé des mesures répressives, expliquant prévoir « une présence de la police nationale et de la police municipale plus importante ».

Dans les médias et la bouche des politiques, c’est donc la perspective répressive qui est unanimement mise en avant, s’appuyant sur la version officielle qui, aujourd’hui, est largement contestée. Une manœuvre visant à militariser les quartiers populaires, et à invibiliser toute forme de violences policières qui s’abat depuis des décennies dans ces quartiers, qui se sont de plus accentuées depuis le début de la crise sanitaire. A rebours de cette vague réactionnaire, il est indispensable d’exiger que toute la lumière soit faite sur cette affaire, et dire stop à l’envolée sécuritaire qui s’abat dans les quartiers et qui, on le voit, met chaque jours en danger la vie de ses habitants.




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