^

Politique

« Le retour des jours heureux »

Répression. La police détruit 100 000€ de matériel à Redon

Ce samedi à Redon, la rave-party en hommage à Steve, mort lors de la fête de la musique réprimée en 2019, a été violemment réprimée par la préfecture. Un homme de 22 ans a eu la main arrachée et 100 000 euros de matériel de sonorisation a été détruit en toute illégalité par la gendarmerie. Une démonstration de plus de l’impunité dont jouissent les forces de répression.

lundi 21 juin

Capture d’écran de la vidéo de Cerveaux Non Disponibles

Une rave party en hommage à Steve Maia Caniço, mort noyé à la suite d’une charge policière pendant la Fête de la Musique à Nantes il y a deux ans, a été organisée ce weekend à Redon (35). Interdit par la préfecture, l’évènement a attiré environ 1500 personnes qui ont dû faire face à une répression à coups de LBD, grenades et gaz lacrymogènes. Ainsi, dans la nuit de vendredi à samedi, un homme de 22 ans a perdu sa main, probablement arrachée par une grenade de désencerclement.

Malgré la violence de la répression et l’impressionnant dispositif policier déployé (400 gendarmes), certains participants et organisateurs ont réussi à déployer le matériel et à profiter du son de la musique pendant quelques heures samedi. La fête a été interrompue à 17 heures à grands renforts de gaz lacrymogènes. C’est à ce moment que les gendarmes ont procédé à une destruction organisée du matériel de sonorisation. Dans plusieurs vidéos, on peut ainsi voir une importante formation de gendarmes protégeant leurs collègues en pleine destruction méthodique du matériel.

Comme l’explique dans Ouest France Victor Lacroix, président de l’association Média’son, « Les gendarmes ont agi avec des tonfas, des haches et des masses. Ils étaient animés par la colère et ont détruit le matériel, en dehors de tout cadre légal. Car c’est un procès qui doit décider du devenir du matériel, quand celui-ci a été saisi. »

Les forces de répression ont donc agi en toute illégalité. Malgré cela, le préfet d’Ille-et-Vilaine a affiché son total soutien à celles-ci en affirmant que l’évacuation s’était déroulée « sans anicroche ». Une démonstration flagrante de l’impunité dont jouissent les forces de répression.

Cette destruction organisée du matériel représente un préjudice de 100 000 euros. A la répression physique des personnes s’ajoute donc une répression économique des organisations de raves. Cette double répression montre bien la forte volonté du gouvernement de combattre et de détruire la culture rave en invoquant des « risques d’ordre public et sanitaire » d’après les mots de la préfecture. Elle montre également la tendance à réprimer chaque écart de la jeunesse après un an et demi de restrictions en envoyant la police armée de fusils d’assaut vider les terrasses ou en réprimant les fêtes sauvages des Invalides pendant que les spectateurs de Roland Garros bénéficient de dérogations de couvre-feu.

Alors que le gouvernement tente de faire oublier sa gestion catastrophique et autoritaire de la crise sanitaire et son mépris colossal du secteur de la culture en mettant en avant le retour des « jours heureux », force est de constater que sa gestion répressive et autoritaire est toujours à l’ordre du jour.




Mots-clés

Répression policière   /    Police   /    Violences policières   /    Répression   /    Politique