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Écologie

Destruction de l'environnement

Répression : la préfecture des Deux-Sèvres interdit la manifestation écolo contre les méga-bassines

La préfète des Deux-Sèvres vient de prendre des arrêtés d'interdiction pour le weekend du 29-30 octobre, dates auxquelles plusieurs collectifs engagés contre les projets de méga-bassines ont prévu un grand rassemblement. Une interdiction qui tombe après la répression en septembre dernier du week-end militant d'Alternatiba par le préfet de la Vienne.

mercredi 26 octobre 2022

Photo : AFP

En début de semaine, la préfecture des Deux-Sèvres a lancé une interdiction de manifester pour les collectifs qui ont appelé à un grand rassemblement contre le projet des bassines. Prétextant d’éventuels troubles à l’ordre public, la préfète prend ainsi le relais du préfet de la Vienne, qui avait dénoncé le weekend Alternatiba en septembre au nom de la loi Séparatisme, menaçant de s’attaquer aux subventions de l’association. Une nouvelle répression contre des militants écologistes, cette fois-ci les collectifs de lutte contre les méga-bassines, engagés dans un bras-de-fer avec la fédération des syndicats des agriculteurs (FNSEA) soutenue par l’Etat.

Cela fait désormais plusieurs mois que la lutte s’exacerbe entre les militants anti-bassines et la préfecture, autour de rassemblements et d’actions qui visent à dénoncer ces projets de privatisation de l’eau. Les méga-bassines sont en effet conçues pour récupérer l’eau par pompage afin d’en assurer la ressource prioritairement pour les grandes exploitations agricoles - mais au détriment des petits agriculteurs et de la régénération des nappes phréatiques, qui seules permettent un équilibre global des sols et une stabilité à long terme des ressources et des besoins.

Dans une situation où l’été 2022 a été catastrophique, avec une sécheresse aigüe dans la région et dans tout le pays, le fait que le gouvernement ne renonce en rien à son projet montre bien qu’il n’a rien à faire des avertissements réitérés sur la situation climatique. Au contraire même, puisque le projet des méga-bassines est carrément dangereux pour les équilibres écosystémiques. Et en effet, les grandes exploitations assises sur la productivité et la rentabilité, ont partout fait la preuve de leurs effets délétères : épuisement des sols, recours aux engrais et aux pesticides, pollution des eaux en profondeur, rejets néfastes détruisant en premier lieu la santé des agriculteurs eux-même et des riverains. Voilà le projet défendu par l’Etat et financé pour une bonne part par l’argent public. Or c’est justement l’ensemble de ces dangers que les collectifs dénoncent sans relâche, dans une situation où les ressources en eau apparaissent clairement comme un enjeu critique.

Malgré l’arrêté de la préfecture, le rassemblement est maintenu et le collectif "Bassines non merci" va déposer une nouvelle demande d’autorisation. Mais cette attaque montre clairement que l’Etat, en la personne de la préfète des Deux-Sèvres, a bien l’intention de faire passer en force le projet, et ne lésine pas sur les moyens de répression. On l’avait constaté lors du rassemblement du "Printemps maraîchin" de mars dernier, où environ 6000 manifestants, parfois venus en famille, ont fait l’épreuve de la répression et des gaz lacrymogènes. Une nouvelle fois, cette situation montre que la lutte contre les destructions environnementales passe par une lutte contre l’Etat et ses forces de répression, toujours prêts à soutenir les projets néfastes au profit des entreprises et à réprimer les opposants.



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