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Main dans la main

Répression. 3 semaines de détention provisoire pour avoir manifesté contre Zemmour !

Jeudi dernier, un rassemblement unitaire contre l’inauguration du local du parti Reconquête à Marseille a été brutalement réprimé par la police. Pour s'être mobilisées contre Zemmour, trois personnes interpellées ont été placées en détention provisoire pour une durée de trois semaines en attente de leur procès.

Mati Balestrini

8 février 2023

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Jeudi dernier, la mobilisation contre l’ouverture d’un local de Reconquête à Marseille était encadrée par un dispositif policier important. Peu après le début du rassemblement, les policiers ont chargé les manifestants, et interpellé trois personnes, dont un jeune de 19 ans. Une répression inacceptable d’un rassemblement contre l’extrême droite, qui rappelle celle subie par les opposants au meeting de Zemmour à Villepinte en septembre 2021.

En garde-à-vue, les interpellés ont été mis en cause pour des faits de « violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique en réunion et avec dissimulation de visage », « participation à un groupement non déclaré » et « dissimulation de visage aux abords d’une manifestation ». Certaines des infractions retenues contre les manifestants existent depuis la loi « anti-casseur » de 2019, un dispositif législatif créé à la suite de la mobilisation des gilets jaunes, et pensé comme une arme de plus contre les mouvements sociaux.

Le procureur de la République a choisi de poursuivre les trois personnes interpellées selon la procédure très peu utilisée de comparutions immédiates à délai différé, une autre innovation répressive de l’État. Charlotte Bonnaire, avocate de l’une des détenus explique à Révolution Permanente : « Je ne m’attendais pas à cette procédure. Sur l’orientation du parquet on a quelque chose qui prend un tournant que l’on ne comprend pas, et assez tardivement. Le parquet aurait dû les laisser libres à l’issue de la garde-à-vue pour continuer l’enquête. L’orientation prise par le parquet est extrême, et est une décision politique ! »

Déférés au Tribunal, les trois personnes mises en cause sont donc passées devant le juge des libertés et de la détention, et ce dernier a ordonné le placement en détention provisoire pour une durée de trois semaines, dans l’attente de l’audience. Alors que la possibilité pour le juge de la liberté et de la détention dépend de critères encadrés par le Code de procédure pénale (tout en étant particulièrement discriminatoires), il a ainsi décidé de s’en affranchir pour enfermer des opposants à Zemmour, au motif d’une simple participation à une manifestation non déclarée.

« Le Juge de la Liberté et de la Détention n’a rien justifié, elle a rendu une décision dépourvue de motivation, en droit et au regard de ce qu’elle doit contrôler, en fait elle a suivi mot pour mot les réquisitions du ministère public et de façon sidérante » explique l’avocate.
 
Une répression judiciaire qui s’inscrit dans la criminalisation des organisations antifascistes depuis des années, et rappelle l’exemple de militants lyonnais placés en détention provisoire à la suite d’affrontement contre des bandes d’extrême-droite, qui s’était soldé par une relaxe générale. L’attitude de l’appareil policiaro-judiciaire s’inscrit plus largement dans une volonté de criminaliser la rue. 

« Ce que je retiens de ce dossier, c’est que ces personnes on voulait les sanctionner très durement, sans examen du dossier, c’est lunaire, là c’est la prison-sanction, avant tout débat au fond, c’est évident ! » conclut en ce sens Charlotte Bonnaire auprès de Révolution Permanente.

L’assemblée antifasciste de Marseille a publié une Tribune de soutien et un rassemblement a été organisé devant le Tribunal judiciaire de Marseille samedi, au moment du déferrement.

Les avocats des détenus ont déposé une demande de mise en liberté lundi et l’audience aura lieu, aujourd’hui, mercredi 8 février 2023 à 14h. Nous exigeons la libération immédiate des personnes détenues !


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