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Politique

PRECARISATION DE L’UNIVERSITE

Rennes. Les universités menacées par un projet d’EPEx : mercredi, manifestons contre la fusion !

Alors que les étudiants n’ont pas mis les pieds à la fac depuis plus d’un an, les attaques contre l’ESR continuent de pleuvoir. A Rennes 2, la présidence a récemment entériné un projet de fusion des universités.

mardi 15 juin

Source photo : LOIC RENANCE/AFP

Ce vendredi 11 juin, l’Union Pirate, principale force syndicale à l’Université de Rennes 2 alertait sur le projet d’EPE (Établissement Pédagogique Expérimental) porté par la présidence de l’université, qui prônait pourtant son opposition aux projets de fusion lors des élections en 2015. Concernant l’université Rennes 1, l’université Rennes 2 et des plusieurs grandes écoles (l’Insa, l’Ecole normale supérieure, Sciences Po, l’Ecole nationale supérieure de chimie et l’Ecole des hautes études en santé publique), le projet a été acté par les différents chefs d’établissements des structures concernées.

Un projet de fusion donc, qui s’inscrit dans la logique de mise en concurrence des universités à l’international, dans laquelle les différents chefs d’établissements souhaitent s’inscrire : Dès 2019, Olivier David, président de l’Université Rennes 2, présentait ce projet comme un moyen de « porter notre recherche au plus haut niveau d’excellence internationale. Nous voulons construire une grande université attractive ». Mais ce niveau « d’excellence » qu’il cherche à atteindre ne se traduira non pas sur les conditions d’études et de travail des étudiants et personnels, mais bien sur les financements privés dont l’université pourrait bénéficier par la suite.

Des tels projets sont d’ailleurs déjà portés au niveau national, avec des effets désastreux : A l’Université de Paris, fusion aboutie entre Paris Diderot, Paris Descartes et l’institut de physique du globe de Paris (IPGP), les étudiants sont désormais confrontés à la suppression de matières enseignées et à une administration en sous-effectif complètement débordée. Des projets de fusion ont également abouti d’autres villes, comme à Lille, où trois universités ont fusionné, ou à Montpellier, où la l’Université de Montpellier est le fruit de la fusion de deux universités – Paul Valéry ayant refusé la fusion. Et ces projets entraînent nécessairement la précarisation des établissements concernés : la recherche de subventions privées pousse non seulement les universités à faire des économies sur les postes et les moyens alloués aux facs, tout en valorisant les formations en fonction des intérêts privés. Ce faisant, les universités de sciences sociales, dans ces fusions, meurent à petit feu, fautes de moyens.

Au niveau du projet de « l’Université de Rennes », la fusion entre Rennes 1 et Rennes 2 aurait les mêmes effets dévastateurs qu’ailleurs. Il n’est pas difficile d’imaginer tous les postes doublons supprimés, entraînant ainsi une perte en capacité éducative, ainsi qu’une nécessité pour les étudiants de courir perpétuellement d’un bout à l’autre de la ville pour suivre leurs cours. Il est facile de prévoir que des licences telles que sociologie, littérature ou histoire se retrouveraient largement désavantagées face à des licences de droit, de physique ou encore d’économie. Enfin, pour Rennes 2, fac réputée pour son activité militante, la fusion apparaît comme un moyen de contenir la contestation politique qui en émane.

Ces attaques contre l’université Rennes 2 sont d’autant plus scandaleuses dans le contexte de crise que nous connaissons, marquée par la précarité et la détresse des étudiants. Après avoir passée une année entière sans université, les étudiants de Rennes 2 devraient accepter de retrouver une université toujours plus sélective, disposant de toujours moins de moyens, et de voir leurs filières toujours plus coupées de budget (quand elles ne disparaîtront pas).

Bien qu’ayant été élu en 2015 contre le projet de fusion des universités, le directeur de Rennes 2, Olivier David, n’as pas hésité à se tourner immédiatement vers un projet encore plus large, « Unir », dont il est le principal coordinateur. Un tournant qui n’a rien d’étonnant : à Toulouse, en 2018, l’ex-président de l’Université du Mirail, Daniel Lacroix, avait fait passé le projet de fusion par la force, alors même que les étudiants et personnels y étaient largement opposés. Un projet qui avait été mis en échec il y a trois ans grâce à la mobilisation.

Et c’est ce chemin que les étudiants de Rennes 2 doivent emprunter pour s’opposer à ce « regroupement d’universités », qui viendra non seulement aggraver leurs conditions d’études, mais qui attaque également leur université comme établissement de sciences sociales. A ce titre, une première manifestation est appelé par l’Union Pirate ce mercredi 16 juin à 16h30 devant le bâtiment B8 sur le campus de Villejean, à laquelle il faut que nous soyons nombreuses et nombreux, pour commencer à se battre contre la fusion !




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