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Racisme et violences d’Etat

Babacar, on n’oublie pas, on pardonne pas !

Rennes : 300 personnes réunies en hommage à Babacar Gueye et contre les violences policières

Près de 300 personnes se sont réunies samedi à Rennes, devant la tour où Babacar Gueye a été tué il y a six ans par la police dans le quartier de Maurepas. De nombreuses familles de victimes étaient présentes aux côtés de la sœur de Babacar, Awa Gueye.

lundi 6 décembre 2021

Six ans après, le combat pour la vérité et la justice continue : à l’appel du collectif « vérité et justice pour Babacar », près de 300 personnes se sont réunies pour commémorer sa mort. En effet, le 3 décembre 2015, ce dernier, sujet à des crises d’angoisse et d’auto-mutilation était abattu dans la cage d’escalier de son immeuble par un policier.

Comme le raconte sa sœur Awa Gueye, « c’est pas la BAC que son ami a appelé, il a bien appelé les pompiers. Pourquoi les policiers de la BAC sont venus et ont tiré cinq balles sur mon frère ? Et après les cinq balles, ils ont menotté mon frère pendant des heures. Ils savaient que mon frère est mort le matin, ils ont porté plainte contre mon frère qui est mort, le jour-même , soi-disant pour que la légitime défense tienne ».

Aux côtés de Awa Gueye, de nombreux membres du réseau « Vérité et justice », parmi lesquels les familles d’Alan, de Maeva, d’Adama, de Lamine, et bien d’autres ayant perdu un proche des mains de la police. Un nombre de témoignages impressionnant, mettant en évidence le caractère structurel des violences et meurtres policiers.

En effet, nombreux sont les intervenants qui sont revenus sur l’impunité policière et l’obstruction de la justice pour obtenir réparation, ne serait-ce que reconnaître la responsabilité des policiers dans la mort de leurs proches. Comme le raconte Awa Gueye : « quand je me suis rendue au commissariat pour récupérer le corps de mon frère on m’a mal accueillie, on m’a parlé mal. On m’a fait une sorte de chantage, pour venir chez moi, pour fouiller chez moi. (…) Ils ont fait une autopsie eux-mêmes, ils ont sorti le corps de Babacar de l’hôpital, je n’avais pas encore vu mon frère qu’ils l’ont ramené dans une autre morgue. (…) Ils ont fouillé chez moi sans autorisation ». Enfin, celle-ci a dénoncé la destruction « accidentelle » de preuves par la police, normalement conservées précieusement pendant plusieurs années.

Ce que ces nombreux témoignages montrent, c’est que loin d’être des cas isolés, les violences policières font partie intégrante de l’institution policière. Une institution qui dispose de véritables outils pour canaliser les procédures, étouffer les contestations des familles et blanchir les policiers pour lesquels l’impunité est la règle. « La police n’est pas réformable, elle est plutôt à abolir » a pointé en ce sens Fatou Dieng, sœur de Lamine Dieng.



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