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Mobilisation du 19

Réforme des retraites : les syndicats de police n’ont rien à faire dans nos mobilisations !

Ce mercredi, plusieurs syndicats de police ont appelé à la journée de mobilisation contre la réforme des retraites le jeudi 19 janvier. Il ne faut pas se leurrer : c’est cette même police qui réprimera les manifestations et les piquets de grève. Police, hors de nos cortèges !

12 janvier 2023

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Crédits photo : EMERIC FOHLEN / AFP

S’il est clair que le gouvernement aura cherché à épargner le plus possible les forces de répression, il n’aura pas réussi à empêcher la contestation du côté des policiers. Refusant le recul de l’âge de départ à la retraite, le syndicat Alliance, aux positions proches de l’extrême droite, et l’UNSA Police, qui forment aujourd’hui un « bloc syndical » salué par Darmanin ont ainsi appelé ce mercredi à rejoindre la mobilisation nationale prévue le 19 janvier.

Fabien Vanhemelryck, secrétaire général d’Alliance Police Nationale, justifie auprès de AEFinfo : « c’est un métier dangereux, on ne peut pas faire un copier-coller sur le système de Monsieur tout le monde. »

De son côté, le syndicat Unité SGP Police-Force Ouvrière appelle également à la manifestation du 19 janvier et envisage des « préavis de grève » chez les personnels administratifs. Son secrétaire général, Grégory Joron, explique ainsi auprès de France Info que la « la violence s’accroît contre les policiers » et qu’« un flic, à 55 ans, est usé après avoir été sur le terrain toute sa vie ».

Pourtant, la réforme des retraites présentée ce mardi par Élisabeth Borne prévoit la suppression de la plupart des régimes spéciaux, sauf certaines catégories, notamment celle des fonctionnaires des catégories dites « actives ». Cette dernière regroupe les métiers de la fonction publique qualifiés de dangereux et pénibles, et plus particulièrement les aides-soignants, les égoutiers, les éboueurs, mais aussi et surtout les surveillants pénitentiaires, la police et l’armée.

Dans ces métiers, la possibilité de partir en retraite anticipée est ainsi préservée, et notamment pour la police dont l’âge d’ouverture des droits à la retraite, actuellement fixé à 52 ans, passera à 54 ans, à condition d’avoir effectué 17 ans de service. Une réalité bien différente de celle des aides-soignantes par exemple, un secteur fortement féminisé et précarisé, et dans lequel l’âge d’ouverture des droits à la retraite passe de 57 à 59 ans. En outre, le montant de leur pension continuera d’être calculé sur la base du traitement touché lors des six derniers mois de carrière. En bref, les policiers continuent d’être choyés par le gouvernement.

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Que vient faire la police dans des manifestations du mouvement ouvrier ?

Mais surtout, la police n’a rien à faire dans les cortèges et les mobilisations du mouvement ouvrier. En effet ce sont ces mêmes policiers qui aujourd’hui annoncent se mobiliser qui sont envoyés par le gouvernement pour réprimer des manifestations. En 2019 déjà, lors de la grève contre la réforme des retraites menées notamment par la RATP et la SNCF, la BAC était intervenue sur différents piquets de grève dans les dépôts de bus pour réprimer les grévistes et leurs soutiens.. De la même manière, Irène, conductrice de métro et déléguée syndicale en grève en 2019 avait été brutalement frappée à la tête par des policiers lors d’une manifestation. Le 5 décembre 2020, des CRS n’avaient d’ailleurs pas hésité à matraquer le cortège de la CGT lors d’une manifestation contre la loi dite de « sécurité globale ».

On peut aussi mentionner la répression ultra-violente du mouvement des Gilets Jaunes, lors duquel des milliers de manifestants ont été blessés dont plusieurs dizaines ont été éborgnés ou ont vu leur main arrachée par la police. Entre novembre 2018 et mars 2020, c’est-à-dire entre le mouvement des Gilets Jaunes et celui contre la réforme des retraites, la police a ainsi fait pas moins de 24 300 blessés parmi lesquels 3 000 ont dû être pris en urgence.

Alors que la police a joué un rôle actif pour tenter de briser nos mobilisations ces dernières années, et qu’elle continuera de le faire dans les mois qui viennent pendant la réforme des retraites, comment accepter que des policiers viennent manifester à nos côtés ?

D’autant que la police ne fait pas que réprimer le mouvement ouvrier lorsqu’il se mobilise, elle cible également toute une partie de la classe ouvrière et des classes populaires lorsqu’elle s’adonne quotidiennement au harcèlement raciste de la jeunesse des quartiers populaires, qu’elle tue dans ces mêmes quartiers, ou lorsqu’elle est envoyée pour réprimer des sans-papiers. Le racisme profond de l’institution policière, qui explique que ses professionnels soient si proches de l’extrême-droite, n’a rien à faire dans la lutte contre la réforme des retraites !

Contre toute illusion de fraternisation, police hors de nos cortèges ! Police hors de nos syndicats !

Face à l’illusion qu’il pourrait exister sur une potentielle convergence entre les manifestants et les policiers et pour finir de montrer que ces derniers ne sont pas des travailleurs comme les autres, nous écrivions après les manifestations policières de 2016, :

« La croyance selon laquelle on pourrait convaincre idéologiquement la police, les rapprocher de nos idées, existe largement. Sur la forme, le fait que les policiers perçoivent un salaire, aient une hiérarchie, se plaignent de la « politique du chiffre », regrettent le « manque de moyens » etc., peut laisser de prime abord imaginer des similitudes avec les conditions de travail, la casse du service public, l’exploitation et le règne des petits chefs, que vivent des millions de travailleurs : soit, une certaine communauté d’existence et d’intérêts. Cette vision aboutit logiquement au pacifisme : on peut et doit discuter posément avec les policiers qui manifestent, et les choses iront dans le bon sens. Or c’est oublier un élément essentiel : l’institution policière est un — sinon le — pilier central de l’ordre, et pas de n’importe quel ordre : celui de l’État bourgeois. »

En effet, les policiers ne peuvent en aucun représenter des alliés ou partager les combats de la classe ouvrière qui se bat pour ses intérêts. Du fait même qu’elle a pour rôle de maintenir l’ordre établi et d’empêcher toute contestation un peu profonde de ce même ordre, elle ne peut avoir sa place dans des mobilisations qui opposent frontalement le mouvement ouvrier au gouvernement.

Face à cet appel à rejoindre la manifestation du 19 janvier de la part de syndicats de police réactionnaires et d’extrême-droite il est urgent que les directions des principales organisations syndicales du mouvement ouvrier ne cèdent pas à la confusion et envoient un message clair : la police raciste qui réprime les piquets de grève et les manifestations n’a rien à faire dans les mobilisations du mouvement ouvrier. Contre la contradiction même de voir exister des syndicats de policiers affiliés à des organisations syndicales historiques comme la CGT, il est nécessaire de revendiquer leur exclusion et d’exiger : « police hors de nos syndicats ! »

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