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Réforme de l’assurance-chômage en vigueur dès juillet : Macron fait payer la crise aux chômeurs

Ce mardi, Élisabeth Borne a présenté le texte final de la réforme de l’assurance-chômage qui commencera à être appliquée à partir du 1er juillet. Un dispositif central dans l’agenda antisocial du gouvernement qui instaure des attaques historiques contre les chômeurs, en pleine crise sanitaire et économique.

mercredi 3 mars

Alors que le chômage a augmenté de 7,5 % sur l’année 2020 avec un nombre de demandeurs d’emploi qui avoisine les 4 millions et que les suppressions d’emplois s’accélèrent (800 000 licenciements ou emplois menacés depuis le début de la crise sanitaire), le gouvernement et sa ministre du travail Élisabeth Borne se sont empressés de mettre en place la réforme de l’assurance chômage qui va frapper de plein fouet les secteurs les plus précaires du salariat, déjà durement touchés par la crise.

Comme prévu initialement par le gouvernement, la réforme de l’assurance-chômage s’attaque principalement aux possibilités d’accès au chômage ainsi qu’au mode de calcul des allocations qui vont largement être abaissées.

En effet, concernant l’accessibilité au chômage, la réforme prévoit d’allonger la période de travail nécessaire pour pouvoir toucher ses allocations. Alors qu’il fallait avoir travaillé quatre mois sur une période de 28 mois pour ouvrir des droits au chômage, il faudra travailler six mois sur une période de 24 mois. Pour ce qui est du mode de calcul du salaire journalier de référence, la réforme prévoit de ne plus compter seulement les jours travaillés comme ce pouvait être le cas auparavant, mais de prendre en compte l’ensemble des jours travaillés et non-travaillés sur une période de 24 mois pour calculer le salaire perçu dans le cadre des indemnités chômage. Ce dispositif va logiquement entraîner une baisse sans précédent des allocations chômages qui va concerner pas moins de 800 000 travailleurs en recherche d’emploi.

Comme le rapporte Le Parisien, la réforme devrait entrer en vigueur en plusieurs temps. « Selon les syndicats, cette réforme devrait entrer en vigueur le 1er juillet, au moins pour le nouveau mode de calcul controversé de l’indemnisation des demandeurs d’emploi. En outre, le durcissement de l’ouverture des droits (de 4 à 6 mois de travail sur les 24 derniers mois) entrera en vigueur au plus tôt au 1er octobre. Mais cette disposition dépendra de l’amélioration du marché de l’emploi, appréciée sur six mois à partir du 1er avril. » Du côté des mesures sensées viser le patronat en revanche, le gouvernement prend le temps... Ainsi, « le bonus-malus sur les cotisations des entreprises dans sept secteurs grands consommateurs de contrats courts sera quant à lui effectif à l’été 2022 après un an d’observation. »

L’entrée en vigueur de cette réforme de précarisation de masse avec la présence des directions syndicales dans les cadres de discussions, montre une nouvelle fois la farce que représentent des tables de négociations entre l’État, le patronat et les directions syndicales. Les représentants des principales organisations syndicales, la CGT, FO, la CFDT, ont en effet exprimé leur désaccord sur la réforme à l’issu d’un processus de discussion auquel ils ont largement participé. Une participation qui a donc de facto légitimé un cadre de dialogue social dont l’objectif ne vise bien entendu qu’à donner de la crédibilité au gouvernement qui tente de s’acheter la paix sociale dans un contexte sous haute tension.

En effet, la situation sociale et économique s’est largement dégradée depuis la crise sanitaire. De nombreux secteurs, au premier rang desquels la jeunesse (fortement touchée par le chômage), les quartiers populaires et les travailleurs ont vu leurs conditions de vie se détériorer considérablement. Dans le même temps, le gouvernement débloquait des dizaines de milliards pour maintenir à flot les profits du patronat. Face à cette contradiction, le gouvernement marche sur des œufs et craint de potentielles explosions sociales. Il cherche donc à continuer de faire passer son train de réformes antisociales, dans le sillage de la réforme des retraites, tout en ressuscitant l’illusion du dialogue social pour essayer de faire passer la pilule.

Mais face à cette tromperie à laquelle participent aujourd’hui les directions des principales organisations syndicales du mouvement ouvrier, il convient d’affirmer que la lutte contre la casse sociale ne pourra pas se dérouler dans les salons des ministères ou au rythme de journées de mobilisations isolées. Bien, au contraire c’est avec la mise en place d’un véritable plan de bataille qui coordonne les différents secteurs du monde du travail, par la rue et sur les lieux de travail, mais aussi d’études, que notre camp social pourra espérer une sortie de crise qui ne lui fasse pas payer le prix fort comme le souhaitent le patronat et son allié principal, le gouvernement.




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