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Du Pain et des Roses

Lesbophobie ordinaire

Procès d’une mairesse d’extrême-droite qui avait refusé de marier deux femmes

En août 2013, Marie-Claude Bompard, la mairesse de Bollène dans le Vaucluse, avait refusé de marier deux femmes en invoquant des raisons « morales ». Elle comparaissait devant le tribunal correctionnel de Carpentras ce 5 juin. Leon Khalo

jeudi 5 janvier 2017

Le 23 août 2013, la mairesse Marie-Claude Bompart, membre à la Ligue du Sud, un parti identitariste d’extrême droite, a refusé de marier deux femmes dans la mairie de Bollène. Également épouse du très réactionnaire maire d’Orange, Jacques Bompart, cette mairesse a toujours été farouchement opposée au mariage pour tou.te.s. Pour se justifier, elle a expliqué que « marier des personnes de même sexe [lui] pose un problème, du point de vue de la filiation et de la création d’un droit à l’enfant » Malgré un rappel à l’ordre, la mairesse est restée sur ses positions et a refusé d’unir les deux fiancées. Les deux femmes ont quand même réussi à finaliser leur union, et ont décidé de porter plainte contre la mairesse. Elle comparait ce jeudi au tribunal correctionnel de Carpentras après que son dossier a été classé par le procureur, il y a trois ans. Les plaignantes originelles ne se sont pas présentées, mais l’association Mousse qui a rouvert le dossier s’est portée partie civile pour ne pas laisser l’affaire sans suite. Cette histoire fait écho à la plainte déposée contre la mairesse adjointe PS du 8e secteur de Marseille, Sabrina Hout, qui avait elle aussi refusé de marier deux femmes et avait été jugée en 2015, écopant d’une peine de 5 mois de prison avec sursis. Marie-Claude Bompart entendra quant à elle son verdict le 23 mars prochain.

Trois ans après l’application de la loi Taubira de 2013, les élus sont encore nombreux à refuser de marier des couples gays et lesbiens, Robert Ménard en tête de file. Évidemment, les politicards réactionnaires enchaînent les déclarations de soutien à la mairesse de Bollène. Pourtant, si l’affaire fait autant parler d’elle, c’est surtout parce qu’habituellement, ces élus réticents délèguent la tâche à leurs adjoints et que les poursuites judiciaires restent rares.

Nous voyons que même si des avancées sont acquises au gré des luttes, les personnalités au sein de ces institutions font toujours barrage pour empêcher que ce droit au mariage soit appliqué. La lutte contre la discrimination des personnes LGBTQI est encore d’une actualité brûlante et toujours aussi nécessaire !




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