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Première journée de mobilisation pour les salaires chez Total : de nombreuses raffineries en grève

Suite à l’appel de la CGT Total Energie pour une grève de trois jours du 27 au 29 septembre, de nombreux salariés ont répondu présents ce qui a engendré l’arrêt des activités sur la majorité des raffineries du pays.

mercredi 28 septembre

Crédits photos : O Phil des Contrastes

Après Exxonmobil à Gravenchon (Seine-Maritime) et Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), c’est au tour des raffineries du groupe Total de se mettre en grève. A l’heure actuelle, seule une raffinerie sur le territoire est épargnée par le mouvement de grève. Partout, c’est l’inflation qui a poussé les salariés à se mettre en grève, quand la direction de ces deux groupes, dont les bénéfices se chiffrent en milliards, n’a rien voulu céder en terme d’augmentations de salaires. Fabien François, secrétaire adjoint de la CGT Total Normandie, témoigne d’un « mal-être au niveau des salariés de Total : cela fait des années qu’on ne respecte pas l’inflation, l’accord de 2.35% cet année ne suffit pas à compenser la hausse des prix. Avec l’inflation, on comprend bien le malaise, et clairement, il y a eu une augmentation des accidents : il y a un manque de maintenance sur notre site qui commence à chauffer tout le monde ».

C’est donc centralement pour réclamer le rattrapage des salaires sur l’inflation de 2021 et 2022 que les raffineurs se sont mis en grève, avec comme revendication centrale une revalorisation de 10 % de leurs salaires. Par ailleurs, les grévistes réclament un dégel des embauches, l’embauche des précaires en CDI ainsi que d’importants investissements pour des usines en sous-investissement chronique.

Toutes les raffineries ont été touchées, et particulièrement les personnels des équipes de quarts, à la production : 70% des équipes de quart du matin et de l’après-midi sur la plateforme Normandie à Gonfreville (Seine-Maritime), 80 à 90% sur la raffinerie de La Mède (Bouches-du-Rhône) et 70% de grévistes cette après-midi sur la raffinerie de Donges (Loire-Atlantique). A Grandpuits, en Seine-et-Marne, une quarantaine de grévistes ont posé le sac, tandis que le mouvement a aussi touché la raffinerie de Feyzin, dont 85 % des équipes de quart de l’après-midi étaient en grève (Rhône). Dans trois raffineries au moins, Donges, Normandie et La Mède, les expéditions ont été arrêtées.

Par ailleurs, au dépôt de carburants de Flandres, 100 % des ouvriers de quart de nuit se sont eux aussi mis en grève, tandis que chez Total Oudalle (Seine-Maritime), un site de production d’huiles de moteurs, 100 % des salariés étaient aussi en grève. « Au niveau du groupe, on est satisfait du niveau de mobilisation » explique le syndicaliste, qui rappelle que chaque raffinerie et dépôt choisira en assemblée générale de la suite du mouvement.

Mais c’est sur la plateforme normande que la grève est aujourd’hui la plus importante, car elle touche même des secteurs habituellement plus en retrait des grèves, à savoir le personnel « de jour », c’est-à-dire le personnel qui n’est pas à la production : «  chose assez inédite chez nous, le personnel de jour qui s’est mis en grève avec 120-150 grévistes » explique Fabien François, chiffre d’autant plus important que « suite au Covid, beaucoup de télétravail a été mis en place, et le mot d’ordre a été donné par la direction de poser trois jours en télétravail le 27-28-29  ». Des mesures anti-grèves qui n’ont donc pas suffit pour stopper la détermination des salariés, qui sont même aller demander des comptes à la direction du site.

Sur le site normand, c’est près de deux mois de préparation qui ont été nécessaires pour mettre en place un tel bras de fer avec la direction. Il y a deux semaines, un mouvement de grève avait éclaté chez les pompiers du site, qui ont obtenu en moyenne une augmentation de 120 € brut par mois : « les pompiers ont eu une reconnaissance de leur métier, qui les a fait passer à un coefficient plus important, ainsi que l’instauration de primes de commandements  » détaille Fabien François.

La mobilisation devrait donc se prolonger à minima sur les deux prochains jours ce qui coïncidera avec la journée de grève nationale interprofessionnelle du 29 septembre appelé par la CGT, Sud et FSU. L’occasion de montrer qu’il existe des secteurs en lutte pour les salaires à l’image des raffineurs et qu’il est nécessaire de construire un plan de bataille commun qui aille au-delà des journées isolées en posant la question de la grève reconductible et du blocage de l’économie comme méthodes de lutte pour tout le mouvement.



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