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Etudiants précaires

Précarité étudiante : avec la rentrée retour des files devant les banques alimentaires

Alors que le gouvernement annonce une reprise de l’activité économique, la précarité étudiante est à nouveau à la hausse et les files devant les banques alimentaires ne désemplissent pas. Pendant ce temps, les profits du patronat remontent.

vendredi 1er octobre

Crédits : Ludovic MARIN / AFP

La précarité étudiante, qui avait été mise en lumière par la pandémie, ne diminue pas. Si la crise sanitaire a aggravé la situation des étudiants, la pauvreté dans la jeunesse n’a pas vu le jour il y a seulement deux ans : c’est une situation qui dure depuis des années.

Les réformes austéritaires des gouvernements successifs sont retombées en grande partie sur la jeunesse. Pour survivre, des milliers d’étudiants sont obligés d’attendre des heures dans la rue pour obtenir une aide alimentaire. Dominique Laureau, porte-parole de l’association Linkee, qui organise des distributions alimentaires pour les étudiants rapporte à 20 Minutes : “Nous disposons de 20 lieux de distributions dans toute l’Ile-de-France et nous offrons entre 150.000 et 200.000 repas aux étudiants chaque mois. Mais cela ne suffit pas, car depuis la rentrée, nous avons plus de demandes qu’en juin. Nous allons donc ouvrir de nouveaux lieux de distribution bientôt”.

Alors que Vidal promettait un retour à la normale après une année particulièrement difficile, beaucoup d’étudiants sont toujours dans des situations de grande pauvreté. Entre ceux qui ont perdu leur emploi du jour au lendemain ou qui travaillent dans des jobs de plus en plus précaires, la réalité de la jeunesse ne s’est pas améliorée. L’isolement et les difficultés financières provoquées par la crise sanitaire, ont laissé des traces. En effet, les files interminables devant les banques alimentaires continuent, et expriment les contradictions d’une reprise économique à deux vitesses.

Au micro de FranceInfo, Sinä, un étudiant boursier échelon 7 de 21 ans se confie, lors d’une distribution alimentaire à Paris : “Ça ne m’arrivait jamais de sauter le petit-déjeuner. Il y a des fois où je me lève à 8 heures et je n’ai pas faim jusqu’à 13 heures, tellement je me suis habitué à ça”. Une situation intolérable qui pousse beaucoup de jeunes à travailler à côté de leurs études, dans des boulots de plus en plus précaires, se retrouvant alors dans certains cas contraints de moins étudier ou d’accumuler une fatigue énorme.

Alors que la situation de précarité perdure et se renforce les dispositifs -déjà bien en deçà des besoins- qu’avait mis en place le gouvernement ont été supprimé, à l’image du repas Crous à 1€ qui a été retiré.

Ce que rappellent ces files alimentaires c’est que pour vivre décemment, se nourrir et payer un loyer, les bourses sont insuffisantes et seule une partie réduite des étudiants y ont accès. Pour remédier à la situation seule la mise en place d’un revenu étudiant à hauteur du SMIC permettrait aux étudiants précaires de sortir la tête de l’eau et d’étudier dans des conditions correctes. A l’heure où la pauvreté s’accroit dans la jeunesse, les grandes fortunes elles grossissent : Anasse Kazib candidat à la présidentielle pour Révolution Permanente défend que ce revenu étudiant soit financé par un impôt fortement progressif sur ces grandes fortunes.




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Frédérique Vidal   /    Précarité   /    Université   /    Jeunesse