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Notre classe

Mobilisation de la 1e ligne

"Pour nos usagers et nos conditions de travail" : 3e journée de grève nationale dans le social et médico-social

Ce mardi avait lieu une mobilisation nationale du travail social pour une hausse des salaires et de meilleures conditions de travail. Partout en France, ces travailleurs de la première ligne, évincés du Ségur de la Santé, ont manifesté leur colère pour la troisième journée de mobilisation depuis décembre.

mardi 1er février

Radio France - Thomas Nougaillon

Ce 1e février était marqué par une grève dans le secteur du médico-social partout en France. De Paris à Lorient en passant par Nantes, Vichy ou Bordeaux, les salariés du secteur social, du médico-social et de la santé sont en effet descendus dans la rue pour manifester leur colère face au manque de considération et aux conditions de travail catastrophiques.

De fait, ces travailleurs font face à la montée de la précarité, de la misère, du mal-être et de la dégradation des conditions de vie de la population après deux ans de pandémie et en pleine crise économique. En première ligne, ils se voient pourtant déconsidérés et survivent avec des salaires de misères, ne bénéficiant même pas des primes issues du Ségur de la Santé. A Lorient ce mardi, le porte-parole de Force Ouvrière résumait ainsi : « Les travailleurs sociaux et médico-sociaux sont en première ligne de la montée de la pauvreté et de ses conséquences sociales et familiales, aggravées par la crise sanitaire ».

Déjà le 7 décembre à l’appel des rencontres nationales du travail social en lutte puis le 11 janvier aux côtés des soignants, les travailleurs du médico-social avaient fait entendre leurs revendications en ce sens : des augmentations de salaire, des formations, et le versement des primes du Ségur. Pour Franck Walther, éducateur spécialisé à l’ITEP des Garrigues à Sanilhac-Sagriès et co-secrétaire adjoint de Sud Santé-Sociaux Gard-Lozère au micro de France Bleu affirmait ainsi que « nous demandons une revalorisation des salaires de 300 à 400 euros. Une augmentation du point d’indice gelé depuis 20 ans et l’amélioration des conditions de travail ».

Ce sont aussi les étudiants des formations du médico-social qui ont manifesté aujourd’hui en soutien à leurs futurs collègues, eux-mêmes déjà précarisés. En effet, comme le rapportent au journal Ouest France Louise, Maëlle, Nawel, Servane, Gill, « on vient en soutien des structures dans lesquelles on travaillera, des professionnels qui ont besoin d’une revalorisation de salaire. On mesure déjà en stage le manque de moyens humains et financiers ».

Avec cette troisième journée de mobilisation nationale, il est clair que les travailleurs du médico-social témoignent d’une forte colère, aggravée par la situation depuis le début de la pandémie. Pour que celle-ci parvienne à porter ses fruits en permettant à l’ensemble des salariés de voir leurs salaires augmenter et d’accéder à des formations de qualité, il s’agit d’en finir avec les dates saute-mouton qui tendent à dissiper la vapeur qui existe bel et bien dans ce secteur de la première ligne. C’est ce que rapporte Lucas, millitant à Révolution Permanente et travailleur social " Pendant des années on s’est satisfaits de petites victoires et de petites perspectives mais aujourd’hui on voit que le situation se dégrade beaucoup plus vite que nos avancées : le nombre de pauvres explose, le nombre de chômeurs explose, le nombre de SDF explose, le nombre d’étudiants dans les distributions alimentaires explose. Aujourd’hui c’est tout un système qu’il faut changer »



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