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Pour désengorger les urgences, le SAMU fait appel à des bénévoles via l’application SauvLife

Face au risque de saturation des urgences, le SAMU a été contraint de faire appel à des bénévoles recensés sur l'application Sauvlife. Obligés de se substituer au manque cruel de soignants, ils démontrent, une fois de plus, la gestion catastrophique de la crise par le gouvernement.

mardi 24 novembre 2020

Crédits photo : Radio France

Après le Ségur de la Santé de juillet dernier, qui n’a apporté aucune réponse aux revendications des soignants dénonçant des manques de moyens structurels dans les établissements sanitaires la deuxième vague de Covid a contraint des hôpitaux à faire appel à des bénévoles de l’application Sauvlife pour appuyer le personnel débordé devant l’ampleur de la crise et a politique criminelle de l’État qui fait primer l’économie sur la santé de la population. « On va faire comme on a fait la première vague, on va essayer de se battre. Certainement beaucoup moins de moyens en termes d’humains, puisque l’épidémie touche de manière homogène toute la France, donc on va pas compter sur les collègues du Sud ou du Nord, on va se débrouiller en interne », témoigne Rachid Sehouane, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital de Gonesse qui se voit obligé de déprogrammer 30% des interventions non-covid. Une détresse symptomatique de l’incapacité de l’État à gérer la crise, gestion catastrophique que dénoncent les soignants depuis le début de la crise. Jeudi dernier encore, des mobilisations et des grèves ont ainsi eu lieu [dans toute la France Grèves et débrayages dans la santé : les soignants réclament des moyens pour faire face à la seconde vague] pour dénoncer la gestion de la crise et réclamer des moyens humains et matériels. Au service de radiologie de l’hôpital du Mans par exemple, on a ainsi pu entendre la fédération santé et action sociale CGT prenant la parole et réclamant « un recrutement massif sur le site » (propos recueillis par la radio régionale Sweet fm).

Face à cette recrudescence du COVID et à l’incapacité de l’État à gérer la crise, l’application Sauvlife permet à ses utilisateurs de devenir « citoyens sauveteurs » afin de réduire les temps d’intervention du SAMU, sur la base du bénévolat. En zone rurale, cette application permet de réduire les temps d’intervention de façon décisive : des dizaines de vies ont déjà été sauvées grâce à ce dispositif. Une minute de massage de cardiaque perdue correspondrait à 10 % de chance de survie en moins, explique le Dr Lionel Lamhaut, co-fondateur et président de Sauvlife, les secours organisés pompiers-SAMU mettant en moyenne treize minutes pour intervenir. À l’heure actuelle, environ 300 000 personnes, formées ou non aux gestes de premiers secours, sont recensées sur l’application, la plateforme ouvrant ses portes pour les jeunes à partir de 15ans. Une aide précieuse pour le SAMU reposant sur la population, consternée devant la détresse des soignants épuisés et en colère.

Seulement, n’est-il pas aberrant de devoir en arriver là ? L’application Sauv Life vient en effet pallier les manquements de l’État en faisant appel à des bénévoles dans le secteur de la santé, mis à mal par les réformes successives de casse de l’hôpital public. Depuis 20 ans, environ 100 000 lits ont ainsi été supprimés, et aujourd’hui, face à une crise sanitaire d’ampleur, on attend toujours les 4000 nouveaux lits annoncés lors du Ségur de la Santé. Alors qu’une étude du CNRS publiée en septembre dernier prévoyait déjà l’arrivée de la deuxième vague et conseillait de respecter la distanciation sociale ainsi que de contrôler les clusters locaux, ces conseils n’ont en aucun cas été suivis par le gouvernement : au contraire, la France a été l’un des derniers pays à réagir et l’un des plus touchés par la deuxième vague. Le gouvernement a fait le choix d’un confienment made in MEDEF, préservant les intérêts des patrons et donc la circulation du virus au sein des principaux clusturs que représentent les entreprises et les écoles, restées ouvertes pour permettre à leurs parents de continuer à aller travailler.

Face à cette gestion catastrophique de la crise par le gouvernement, il est nécessaire d’exiger d’urgence au côté des soignants une augmentation des moyens investis dans les services de santé en termes de lits, mais aussi d’embauche et de salaires. Contre l’opacité maintenue sur le nombre de cas et sur les moyens disponibles pour les endiguer, des commissions de contrôle composées de soignants pourraient veiller à la transparence totale des budgets des hôpitaux.




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