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Racisme et violences d’Etat

Racisme d'Etat

Paris. La police expulse violemment des centaines de migrants

Plusieurs centaines de migrants ont été expulsés hier matin d'un campement à Porte de la Chapelle à Paris. Une opération répressive hypocritement désignée comme opération de « mise à l’abri » par la préfecture, qui s’inscrit dans l’offensive raciste et xénophobe du gouvernement.

vendredi 28 octobre 2022

Crédits photo : expulsion du campement "Millénaire" à Paris en 2018, AFP

Ce mercredi 27 octobre, la police a expulsé le campement qu’occupaient plusieurs centaines de personnes à Porte de la Chapelle à Paris. Une opération de harcèlement des réfugiés qui survivaient dans ce campement à défaut de solution de logement, menée par la préfecture à grands renforts de CRS.

Sous prétexte « [d’]opération de mise à l’abris », la préfecture aura passé toute la journée à expulser et réprimer les personnes, ayant pour la plupart fui l’Afghanistan, qui occupaient ce camp. Vendredi matin, la police a de nouveau réprimé les personnes qui restaient sur place. Les personnes expulsées ont été mises dans différents bus. Selon la préfecture, le but serait de déplacer 228 personnes vers des centres d’hébergement en Île de France et d’envoyer 406 personnes en province. Une manière pour elle de justifier sa politique répressive et xénophobe derrière un vernis humaniste. Sur twitter, la préfecture va jusqu’à revendiquer l’expulsion violente sous le #Solidarité.

Violents aussi bien physiquement que psychologiquement et en aucun cas conçus pour offrir aux personnes des solutions adaptées et pérennes, ces « relogements » n’en ont que le nom, a fortiori quand ils consistent en des déplacements forcés vers les zones périphériques. « Je suis inquiet, car lorsqu’on nous emmène quelque part, et qu’on ne sait pas où l’on va, et ce qui va arriver ensuite, bien sûr que tu t’inquiètes », confiait un migrant sur place au micro de Reuters en 2019.

Car il ne faut pas s’y tromper : l’objectif de la préfecture, dans la continuité de l’offensive raciste et xénophobe du gouvernement, est bien de réprimer toujours plus les migrants. « L’objectif : les disperser pour les faire disparaître » expliquait le directeur d’Utopia 56 au micro de BFM. L’association révèle qu’au moins 450 personnes ont été laissées à la rue à la suite de cette expulsion.

Comme après chaque évacuation, le camp est « nettoyé » c’est à dire détruit par un bulldozer, forçant les centaines de migrants qui n’ont pas été déplacés dans les bus à reconstruire un abri de fortune. Adultes et enfants doivent donc repartir de zéro après cette expulsion.

Selon les chiffres de la préfecture d’Île-de-France, depuis le début de l’année, 4 649 personnes ont été expulsées dans le cadre de 16 opérations conduites par les services de l’État. Cette politique répressive consiste en une chasse et une répression toujours renouvelée des migrants, d’un camp à l’autre. Le camp de la Chapelle qui a été expulsé aurait ainsi vu le jour après l’expulsion d’un autre camp à Pantin.

Cela n’est qu’une énième surenchère raciste et anti-migrants menée sous le gouvernement Macron, qui déclarait mercredi soir sur France 2 que « la moitié au moins des délinquants sont des étrangers », en prévision de la loi Immigration que Darmanin prévoit pour 2023.

Contre cette politique xénophobe menée par l’Etat, il est nécessaire de s’organiser pour exiger une politique d’accueil inconditionnel, la réquisition des logements vides (117 000 logements vacants rien que sur la ville de Paris), et la régularisation de tous les sans-papiers.



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