^

Politique

Marseille

« Pas de rénovation sans gel des loyers » : les habitant·es de la cité Air Bel font reculer les pouvoirs publics !

Alors que la ministre déléguée à la ville avait promis aux habitants de Air Bel une grande réunion publique de concertation sur l’importante opération de rénovation urbaine qui va toucher leur quartier, les habitants de Air Bel se sont réunis pour s’organiser face aux pouvoir publics qui veut augmenter les loyers.

mardi 1er février

Samedi dernier 29 janvier, des militantes associatives du quartier qont appelé à une réunion publique pour informer et mobiliser autour des relogements prévus dans le cadre du plan de rénovation urbaine porté par l’État, les institutions et les bailleurs sociaux (Erilia, Logirem et Unicil). Les relogements concernent près de 300 familles de cette cité de l’Est marseillais (11e).

En effet Air Bel est le premier parmi les 14 quartiers prioritaires marseillais concernés par le « Nouveau Programme national de renouvellement urbain » qui chiffre à 77 millions d’Euros. Le chantier a été longuement attendu par les habitants·es : le quartier est laissé à l’abandon depuis sa construction en 1972, il est grand temps pour de le rénover...mais à quel prix ?

Devant une centaine d’habitant·e·s du quartier et des collectifs et associations venues en soutien, les paroles des militantes des deux associations organisatrices, Rania Aougaci, Erica Macedo, Djamila Aouche et Ida Bacar résonnent juste et fort : « Non à l’augmentation des loyers et des charges avec le relogement, notre quartier à été abandonné, on vit dans l’insalubrité, les rats, les cafards et la ils veulent nous reloger en augmentant les loyers ! »

Ces derniers mois, l’Amicale des locataires d’Air Bel et l’association « Il fait bon vivre dans ma cité » ont rédigé une Charte du relogement pour préserver les droits des habitants et garantir pour chaque famille le « meilleur relogement possible en termes de quartier, de nombre de pièces, de contrat d’énergie… ». Aujourd’hui, le mot d’ordre est clair : sans signature de cette charte et reconnaissance des droits des locataires d’Air Bel, le plan de rénovation sera bloqué par la mobilisation et ses soutiens.

Ainsi, autour de la lutte soutenue par les associations du quartier et une trentaine de collectifs et associations marseillaises, les enjeux sont importants, comme le dit un représentant du collectif du 5 novembre : « Ce qu’il va se passer à Air Bel va concerner toutes les cités HLM de Marseille, et même de France. »

Aujourd’hui, le rapport de force est favorable : les institutions craignent de prendre du retard dans la mise en place de leur plan de rénovation à cause de la mobilisation à Air Bel et du soutien qu’elle rencontre. Si la mobilisation tient, et que l’organisation collective se construit sur la durée, cela pourrait non seulement forcer les pouvoirs publics à reconnaître les droits des habitant·es d’Air Bel à des relogements dans de bonnes conditions, celles qu’ils et elles souhaitent...mais aussi essaimer dans d’autres quartiers populaires concernés par des programmes de rénovation urbaine.

La lutte des habitantes Air Bel s’inscrit dans une tradition de luttes contre le mal logement et pour la dignité des populations déclassées, portées par une organisation des habitant·es des quartiers populaires elles-mêmes ! Auto-organisés, ils montrent la voie pour s’organiser face aux pouvoir publics qui veut faire payer les rénovations aux habitants. Soutien à la mobilisation de la cité de Airbel !



Mots-clés

Mobilisation   /    Quartiers populaires   /    Marseille   /    Logement   /    Politique