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PSA Hordain. Cinquième jour de grève pour 400€ d’augmentation : « c’est parti d’un arrêt spontané »

Depuis jeudi, des débrayages se multiplient chez PSA Hordain (ex-SevelNord). Au centre des revendications, des augmentations de salaires de 400€ pour faire face à l’inflation.

mardi 20 septembre

Crédit photo : CGT PSA Hordain

La grève a surpris tout le monde. Jeudi matin, des ouvriers du secteur du montage ont débrayé de leur poste, pour réclamer des augmentations de salaire et des meilleures conditions de travail. « C’est parti d’un secteur où une poignée était convaincue de la grève, nous explique Cédric Brun, secrétaire général de la CGT Valenciennes. Ils ont appelé les syndicats et ils ont fait le tour des ateliers, pour rassembler tous ceux qui étaient motivés et ils se sont retrouvés à 200 ». Le mouvement, spontané, a vite trouvé un écho dans tout le site de production, au point de faire arrêter la ligne de montage vendredi et de s’élargir aux ateliers de ferrage, de peinture et des batteries, selon la CGT, qui parle de 500 grévistes sur le site (qui compte un peu plus d’un millier de salariés).

Depuis plusieurs mois, les salariés de l’usine d’Hordain, ex-SevelNord (Nord), subissent de fortes pressions de la part de la direction pour faire marcher à tout prix cette usine stratégique pour le groupe. C’est en effet elle qui assemble la gamme « K-zéro », c’est-à-dire la gamme des utilitaires du groupe : « ce sont les véhicules sur lesquels ils font le plus de marge », nous confie Cédric Brun. En effet, face aux problèmes d’approvisionnement, notamment concernant les puces électroniques, PSA a décidé de favoriser ce site, quand d’autres sont obligés de mettre en place du chômage partiel pour certaines équipes : « le groupe favorise ce site en cas de livraison pour obtenir les cadences maximums », continue le syndicaliste.

Face aux cadences infernales et aux salaires qui stagnent, la grève s’est donc imposée comme la seule solution face à une entreprise qui refuse toute augmentation de salaire, alors que les bénéfices nes du nouveau groupe baptisé Stellantis se sont élevés à 13,4 milliards d’euros pour l’année 2021. Alors que les débrayages continuent sur Hordain, d’autres sites ont eux aussi débrayé pour les mêmes raisons : à Douvrin (Pas-de-Calais) et Valenciennes (Nord), de plus petits débrayages ont eu lieu vendredi et samedi. « On est en train de coordonner, et lancer des débrayages dans tous les sites, mais c’est un peu compliqué à cause des chômages partiels ici et là (suite à des défauts d’approvisionnement) et on va essayer de faire un appel commun dans toutes les usines le même jour, en essayant de faire avec les autres syndicats  », explique Cédric Brun, qui est par ailleurs le délégué central adjoint du groupe Stellantis.

Le 27 septembre, une réunion avec la direction est prévue à Poissy, dans le site des Yvelines. Si celle-ci veut maintenir le cadre des discussions à l’avancement sur l’intéressement des salariés, les grévistes comptent imposer une discussion sur les salaires, avec comme revendication principale une augmentation de 400€ pour tous les salariés, quel que soit leur contrat (CDI, CDD, intérim). Les grévistes réclament aussi l’embauche en CDI des intérimaires, ainsi qu’une prime Macron de 6000€. D’ici là, les grévistes comptent faire perdurer le mouvement, en modifiant les modalités de grèves pour que le maximum de salariés puisse prendre part au mouvement : « certains vont faire une heure, d’autres une demi-journée », explique Cédric Brun.



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