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Augmentez les salaires !

« On doit se battre pour notre dû » : à Bordeaux, les travailleurs d’Enedis mobilisés pour leurs salaires

Ce jeudi sur le site Enedis d’Eysines, à l'occasion de la journée nationale de mobilisation dans le secteur du nucléaire, une cinquantaine de travailleurs étaient rassemblés pour réclamer une augmentation significative de leur salaire. Une mobilisation de plus dans un contexte d'inflation galopante qui rappelle la nécessité d'un plan de bataille d'ensemble pour coordonner toutes les colères à la base.

jeudi 6 octobre

Ce jeudi 6 octobre, une cinquantaine de grévistes se sont rassemblés à 11 heures sur le site Enedis d’Eysines à côté de Bordeaux. Cette mobilisation rentrait dans le cadre de la journée nationale de grève des agents du parc nucléaire appelé par l’intersyndicale CGT-CFE-CGC/Unsa et CFDT.

Dans une ambiance chaleureuse, les travailleurs sont venus réclamer une augmentation significative d’au moins 200 euros du Salaire National de Base. Comme nous explique Didier, membre de la CGT 33, « les électriciens gaziers sont déterminés pour aller chercher leur dû, depuis des années le salaire augmente de seulement 0,2% par an ».

Sur le piquet, l’inflation fait parler, « on doit faire des économies sur tout et il n’y a plus de place pour se faire plaisir ». « Il faut qu’on se réveille, l’hiver s’annonce mal », ou encore « ils veulent nous apprendre à mettre un col roulé, sérieux nos grands-parents vont se geler en chauffant à seulement 19 degrés leurs maisons », pouvait-on entendre.

Face à l’augmentation de ces prix de l’énergie, les travailleurs d’Enedis ne sont pas surpris. Pour Didier, « quand on manifestait il y a 10 ans contre la privatisation des réseaux électriques on nous prenait pour des antis alors qu’on disait que les prix allaient augmenter. Aujourd’hui ils augmentent et la précarité énergétique explose ». « C’est le résultat de choix politique », poursuit-il, « si l’hiver va être tendu ce n’est pas la faute des travailleurs, mais de la privatisation qui laisse les mains libres à la spéculation ».

Justement, dans ce contexte inflationniste qui fait dégringoler le salaire réel des travailleurs, le syndicaliste soutient, en écho aux mouvements de grèves en cours, notamment dans les raffineries, le fait que « les ouvriers en France ont raison de se battre aujourd’hui car il y a de l’argent ». Pour lui, « ce sont les travailleurs qui créent la richesse et on doit aller la chercher encore plus dans cette période ».

Si la direction lâche quelques pourcentages d’augmentation suite aux rassemblements, un peu plus de 2% après celui-ci d’après le compte-rendu des négociations à la fin du piquet, celles-ci restent des miettes largement en dessous de l’inflation. Le regard tourné vers la grève des raffineurs, certains travailleurs d’Enedis n’hésitaient pas à affirmer que c’est le moment de se mobiliser et que ce serait l’occasion de lancer un mouvement d’une plus grande ampleur dans les entreprises et la rue. C’est en effet la voie à suivre, loin des bureaux de l’Elysée, mais à travers un vrai plan de bataille qui pose la perspective d’une coordination à la base des mobilisations par la grève.



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