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Politique

ENCORE DES CADEAUX À LA POLICE

Offensive sécuritaire. Macron annonce la création d’une « école de guerre » à Montpellier

Emmanuel Macron était ce matin à Montpellier pour défendre sa politique sécuritaire. Il a également accordé au magazine Figaro une longue interview où il notamment annoncé la création d’une « école de guerre » à Montpellier. Alors que nous sommes à un an des présidentielles, le président continue de chasser sur le terrain de la droite et de l’extrême droite dans la continuité de sa politique autoritaire et islamophobe.

lundi 19 avril

Crédits photo : REUTERS

Au cours du long entretien avec Le Figaro, Emmanuel Macron a défendu sa politique sécuritaire, notamment la loi sécurité globale, fortement contestée. Il a également annoncé un certain nombre de mesures pour renforcer encore les effectifs de la police.

Toujours plus de mesures sécuritaires dans la droite ligne de la politique du gouvernement

Dans cette interview au journal de droite, Emmanuel Macron a notamment annoncé la création d’une « école de guerre » à Montpellier. Le but annoncé sera de faire de la formation continue : « Les policiers, tout au long de leur parcours, passeront par cette académie de police pour suivre des formations de trois à six mois […] c’est du jamais vu ». Le terme « école de guerre » a de quoi faire peur, même s’il ne surprend pas tant le gouvernement s’est illustré ces derniers mois par une politique ouvertement sécuritaire. Dans cette lignée, Macron a affirmé lors de l’entretien que l’objectif d’augmenter de 10 000 le nombre de policiers serait atteint d’ici la fin du mandat, se félicitant du fait qu’ « aujourd’hui, 4 508 policiers et 1 706 gendarmes ont déjà été recrutés, soit 6 214 membres des forces de l’ordre. Nous aurons en complément, dès cette année, 2 000 policiers et gendarmes de plus ». C’est le même discours qui est tenu concernant l’augmentation du nombre de places de prisons qui devraient augmenter de 15 000 en tout à la fin du quinquennat.

Un ensemble de mesures rendu possible par l’augmentation du budget des forces de sécurité de 1,7 milliard depuis son élection. Ces mesures sont justifiées pour permettre aux policiers d’être « mieux équipés, que leur sécurité soit mieux assurée ». Ces mêmes policiers qui mutilent et qui tuent, à l’image de Michel Zecler il n’y a que quelques mois.

Macron est également revenu sur la loi « sécurité globale » qui a été adoptée la semaine dernière par le parlement malgré les très fortes protestations de la population contre celle ci. Cette loi, tout comme la loi sur les séparatismes, vise explicitement l’islam et les musulman.e.s comme ne s’en cache pas le président : « C’est contre une idéologie, l’islamisme politique, qu’avec cette loi, nous luttons de manière intraitable ».

La tentative de Macron de séduire la droite et l’extrême droite

Cet interview, ainsi que les annonces faites ce matin à Montpellier, s’inscrivent donc dans le contexte de l’offensive sécuritaire et islamophobe que mène le gouvernement. A un an des élections, il est évident qu’Emmanuel Macron cherche à séduire l’électorat de droite et d’extrême droite. Au mépris des nombreuses affaires de violences policières et des mobilisations de l’été dernier contre ces violences, Macron continue de nier cette réalité. « J’ai dit et je répète : il n’y a pas de violence systémique de la police, c’est faux ; il n’y a pas de racisme systémique de la police, c’est faux, pas plus qu’il n’y en a dans la gendarmerie ou au sein de l’État ».

Ce renforcement de l’appareil répressif de l’État montre la peur des révoltes qui pourraient éclater dans les années à venir face à la misère et à la précarité dans laquelle le système capitaliste plonge la population, particulièrement à la suite de la pandémie du covid-19. Et en particulier dans les quartiers populaires pour qui s’ajoute à l’exploitation capitaliste, le racisme. En ce sens, les « quartiers de conquête républicaine » et la focalisation sur la lutte contre le trafic de stupéfiants avec une approche purement punitive et répressive est non seulement contre productive mais contribue à stigmatiser des populations déjà précaires et discriminées.

Des milliards pour la police, rien pour les hôpitaux et les écoles

Alors qu’Emmanuel Macron se vante des investissements massifs fait dans le domaine sécuritaire et semble prêt à tout pour satisfaire les exigences des syndicats de police, rien n’est fait pour les hôpitaux ou les écoles. Les soignant.e.s réclamant depuis le début de la crise sanitaire plus de moyen pour pouvoir exercer leur métier convenablement ne semblent pas être la priorité du président. De même, le manque de moyens criants de l’éducation nationale mais aussi de l’enseignement supérieur dont nous avons malheureusement vu les conséquences directes pour des milliers d’étudiant.e.s en situation de détresse, ne semblent pas préoccuper autant le gouvernement. Au contraire, le gouvernement multiplie les attaques envers les universités et ceux qui osent parler de racisme, de sexisme et de discrimination, à l’image de la polémique récente à propos de l’UNEF qui organise des réunions en non-mixité.

Face à cette politique autoritaire, il urgent de continuer à se mobiliser dans la rue comme ce fut le cas au début de l’année avec les mobilisations contre la loi sécurité globale, ou cet été contre les violences policières. Contre la répression qui s’organise il nous faut exiger une autre société.




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