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Racisme et violences d’Etat

Islamophobie d'Etat

Offensive islamophobe : après Iquioussen, Darmanin vise des dizaines de responsables musulmans

En pleine offensive islamophobe autour de l’expulsion de l’imam Hassan Iquioussen, Darmanin donnait vendredi une interview dans les locaux de la DGSI. L’objectif est clair : donner une caution « anti-terroriste » aux récentes mesures racistes et préparer de nouvelles attaques. Le lendemain, on apprenait l’incendie d’une mosquée à Rambouillet.

lundi 5 septembre

L’offensive islamophobe que tente de relancer Darmanin en cette rentrée ne connaît aucun répit. Alors que ces derniers jours ont été marqués par la continuation de l’offensive raciste autour de l’expulsion de l’imam Hassan Iquioussen, désormais visé par un mandat d’arrêt européen alors qu’il se serait rendu en Belgique, le ministre de l’Intérieur a donné une interview à BFM TV vendredi.

Organisée dans les locaux de la DGSI et dédiée à la « menace terroriste », Darmanin a commencé par y évoquer des menaces « endogènes » sur le sol français et revendiquer l’action de l’État avant d’embrayer sur le véritable sujet de l’opération de communication : l’expulsion de Hassan Iquioussen. L’objectif de l’interview était ainsi clair : apporter une caution « anti-terroriste » à l’opération actuelle contre un imam, et en annoncer les suites.

En ce sens, après avoir justifié l’expulsion et s’être félicitée du récent arrêt du Conseil d’État « qui permet de dire que quelqu’un qui a des enfants, qui est marié en France, qui est né en France, peut quand même, 58 ans après, être expulsé », le ministre de l’intérieur a annoncé travailler à une « liste » de « prédicateurs » et de responsables musulmans, au total « moins d’une centaine de personnes », qui pourraient subir le même sort que Hassan Iquioussen.

Selon Mediapart, Ahmed Jaballah, ancien cadre de l’UOIF (Union des organisations islamiques de France) pourrait être visé, de même que Abdourahmane Ridouane, responsable de la mosquée de Pessac. Une offensive contre des figures religieuses qui s’inscrit dans la continuité de l’offensive raciste du gouvernement des derniers mois, marquée par la dissolution du CCIF et la loi séparatisme, et qui frappe y compris des responsables musulmans qui ont travaillé avec le gouvernement, à l’image de Musulmans de France, l’ex-UOIF.

L’offensive islamophobe est donc vouée à perdurer dans les mois qui viennent, tandis qu’au lendemain de l’interview, on apprenait que la mosquée de Rambouillet avait été incendiée dans la nuit de vendredi à samedi. Un acte dans lequel la piste criminelle est privilégiée : d’après RTL, des « témoins assurent avoir vu deux hommes près de la Mosquée partir en courant lorsque le feu s’est déclenché, un objet à la main » tandis que la police a ouvert une enquête pour « incendie volontaire ». Si les circonstances de l’incendie doivent être éclairées, difficile de ne pas faire le lien entre cet acte et l’offensive islamophobe actuelle du gouvernement. L’année dernière, les discussions autour de la loi séparatisme avaient en effet favorisé la multiplication d’actes islamophobes visant notamment des mosquées.

L’offensive islamophobe actuelle est par ailleurs menée alors que le ministre de l’Intérieur entend profiter de la rentrée parlementaire pour imposer un débat sur l’immigration en préparation d’une nouvelle loi raciste. Parmi les mesures évoquées : l’expulsion dès le rejet de la demande d’asile, « l’expulsion des étrangers » en cas de « délits graves », le conditionnement des titres de séjour à « l’obtention d’un certificat prouvant la maîtrise du français » ou l’augmentation des moyens de renseignement et de surveillance pour traquer les immigrés.

Dans ce cadre, le mouvement ouvrier, les organisations politiques de gauche, de l’antiracisme et du mouvement social doivent donc faire front et s’opposer résolument à cette offensive, en dénonçant l’expulsion raciste de Hassan Iquioussen et le projet loi Immigration, et en revendiquant la fin de l’ensemble des mesures d’exception visant les musulmans et les étrangers, en commençant par l’abrogation de la loi séparatisme et de toutes les lois autoritaires, racistes et islamophobes. Cela implique non seulement de dénoncer cette nouvelle offensive raciste, et plus largement contre les droits démocratiques, mais aussi d’appeler à des rassemblements pour dénoncer le racisme d’État.



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