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Politique

Surenchère anti-migrants

Objectif 2022 : Valérie Pécresse veut aller encore plus loin dans la répression des migrants

En campagne pour les élections présidentielles de 2022, Valérie Pécresse a proposé plusieurs réformes du droit des étrangers. Elle tente de se positionner en tant qu’opposante de droite à Emmanuel Macron, poursuivant une surenchère droitière déjà entamée pendant la campagne pour les élections régionales en Île-de-France.

jeudi 29 juillet

Crédits photo : THOMAS COEX / AFP

La candidate de droite, qui a quitté Les Républicains en juin pour fonder son propre mouvement politique et a annoncé sa candidature pour les élections présidentielles de 2022, a proposé mercredi soir une série de mesures toutes plus racistes et répressives les unes que les autres pour son programme de 2022. Elle dit vouloir, entre autres, revoir les procédures de demande d’asile, soumettre à encore davantage de conditions la protection accordée aux mineurs étrangers isolés, et réduire le panier de soins couvert par l’Aide Médicale d’État (AME). Elle s’est également dite favorable à l’instauration de quotas d’immigrations « par métier », à la fin de l’acquisition de plein-droit de la nationalité à l’âge de 18 ans pour les jeunes nés en France de parents étrangers, et à la suppression de la réduction sur les abonnements aux transports publics en Île-de-France pour les étrangers en situation régulière.

Ces annonces faites au cours d’un déplacement dans les Alpes-Maritimes et transmises au Journal Du Dimanche font partie de la stratégie de positionnement politique de la candidate, qui souhaite s’imposer en tant qu’opposante de droite traditionnelle à Emmanuel Macron dans le champ médiatique. Elle a d’ailleurs également accusé le président sortant de « tenir un double langage  » entre ses « paroles, qui sont martiales, et ses actes, qui sont faibles ». L’exécutif LREM a pourtant mainte fois fait ses preuves en matière de répression des migrants et de racisme, notamment à travers la Loi Asile et Immigration, et souhaite même aller encore plus loin, en convoquant début août un débat à l’Assemblée Nationale sur la politique migratoire.

Les mesures proposées par Valérie Pécresse sont scandaleuses alors même que l’accès à l’aide médicale d’État est déjà fortement restreint et fait l’objet d’attaques continues à chaque crise politique depuis le début du quinquennat, que moins de la moitié seulement des demandes d’asile finissent par être accueillis au terme d’une procédure byzantine qui nécessite un appel dans la moitié des cas, que l’instauration de quotas de travailleurs étrangers a conduit en Italie à une hausse du travail non déclaré et à la précarisation des travailleurs étrangers, ou encore que Valérie Pécresse ait déjà acté la suppression de la réduction du prix de l’abonnement des transports alors qu’elle était à la tête de la région Île-De-France en 2016 avant que la mesure ne soit annulée par décision de justice.

Les annonces de Valérie Pécresse s’inscrivent en réalité dans une surenchère raciste et xénophobe qui se poursuit depuis des décennies, et qui répond dans le contexte d’une année d’élections aux politiques déjà menées par l’exécutif LREM, dont la candidate cherche encore à se démarquer par la droite. Il faut lutter contre les idées et les mesures anti-migrants en affirmant clairement notre solidarité avec les travailleurs et les travailleuses étrangèr.e.s et en garantissant une liberté de circulation et d’établissement pour toutes et tous, tout en assurant l’accès au logement, aux soins, à la sécurité alimentaire, et en contrant cette surenchère réactionnaire avec un programme progressiste et révolutionnaire.




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