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Société

Quand sur Europe 1 on banalise la culture du viol

Nicolas Canteloup fait des « blagues » homophobes sur l’affaire Théo

Ce mercredi matin sur Europe 1, dans la « Revue de presque » de Nicolas Canteloup, l’humoriste a choisi de faire de l’humour sur le viol subi par le jeune Théo la semaine dernière à Aulnay-sous-Bois lors d’un contrôle de police. Un « sketch » qui a choqué et mis « mal à l’aise » à juste titre les journalistes présents et les auditeurs faisant depuis un tollé sur les réseaux sociaux. Caricaturant François Hollande, Canteloup a cherché à tourner en dérision l’affaire Théo. Ça dure quelques - longues - minutes : « Amis gays, ce n’est pas la peine non plus de chercher un deux-pièces dans Aulnay centre, la police ne recommencera plus. » Puis une autre « vanne » sur le fait que la victime pourra demander son violeur en mariage : « Si Théo, après réflexion, se découvre des sentiments pour le policier qui a introduit la matraque, ils pourront grâce à moi s’épouser. »

mercredi 8 février 2017

Joan Manchette

L’humoriste ne s’est pas excusé immédiatement et c’est son manager qui a depuis présenté des excuses pour ce « très gros dérapage, évidemment involontaire ». Un « dérapage » ? C’est le moins que l’on puisse dire. Cette chronique a tout de scandaleux de par son caractère homophobe et quand on sait à quel point depuis jeudi l’agression ultra violente de Théo par la police révolte et touche une partie de la population. Théo est depuis cloué sur son lit d’hôpital avec d’importantes séquelles physiques et psychologiques.

Il semble que Canteloup - comme ceux qui planent dans une autre dimension – n’ait pas pris la mesure de ce qui s’est passé jeudi soir : qu’il s’agit d’un viol, d’une pratique d’humiliation, de torture ici employée par les « forces de l’ordre ». Une pratique d’une violence sexuelle et raciste inouïe qui a pour but de terroriser et de traumatiser, y compris si les faits ont d’ores et déjà étaient requalifiés en « violences volontaires avec circonstances aggravantes » et non plus de « viol en réunion ». Une affaire que l’on cherche déjà à étouffer, minimiser comme cela se produit à chaque nouveau cas de violence policière. On se demande ce matin avec qui Canteloup cherchait à rire.

Cette chronique de Canteloup, qui banalise la culture du viol, est profondément homophobe et montre qu’il y a un monde qui sépare Canteloup et d’autres de la réalité de ce qui aujourd’hui constitue les pratiques d’une police au service d’un Etat qui fait régner la terreur, dans les quartiers populaires comme le faisait déjà son armée coloniale, il y a cinquante ans à Alger.




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