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Il y a 56 ans..

Ne pas oublier le massacre de Charonne

Nous publions ci-dessous un article qui a été publié cette semaine dans l’anti-k, écrit pour l’Humanité par Eugénie Barbezat en 2015. Il est dédié au souvenir du massacre de Charonne. Le 8 février 1962, en marge d’une manifestation à Paris contre la guerre d’Algérie et les massacres de l’OAS, Maurice Papon, préfet de Paris et ancien collaborateur, a ordonné de charger les manifestants pacifistes. Persécutés jusque dans le métro, il y a eu 9 morts et plus de 250 blessés. N’oublions jamais ce massacre d’État.

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Crédits photo : AFP

Le 8 février 1962, 20 000 personnes participent à Paris à une manifestation contre les attentats de l’OAS et pour la paix en Algérie. A l’issue de ce défilé pacifique, les forces de l’ordre chargent les manifestants aux abords de la station de métro Charonne (11e). Un déchaînement de violences policières qui fera neuf morts et plus de 250 blessés.

« En une période où le besoin d’histoire est si fort dans la société française et où est légitimement revendiquée une exigence de vérité, en particulier sur les deux moments clefs de notre histoire nationale récente que sont l’Occupation et les guerres coloniales, il n’est pas inutile de se souvenir de Charonne. » , précisait leur appel.

En pleine vague d’attentats commis sur le territoire métropolitain par l’OAS (l’Organisation de l’Armée Secrète, créée en 1961, dont l’objectif était de maintenir l’Algérie française à tout prix) plusieurs syndicats et organisations politiques de gauche appellent à manifester pour la paix en Algérie. Le rassemblement pacifique a lieu place de la Bastille et le cortège, composé essentiellement de jeunes et en particulier de jeunes femmes, se dirige ensuite en direction de la place Voltaire.

… férocement réprimée par la police

Aux abords de la station Charonne (11e) et alors que les organisateurs s’apprêtent à déclarer la dispersion de la manifestation, les brigades spéciales de la police sous les ordres du préfet Maurice Papon chargent à coup de matraque les manifestants qui cherchent alors à se réfugier dans le métro. En contre-bas des marches se déroulent des scènes d’une violence extrême. Des témoins rapportent que des policiers vont se saisir et jeter des personnes dans l’escalier par dessus la rampe de la bouche du métro, ou encore lancer des grilles en fonte sur les manifestants tentant de fuir. Bilan : neuf victimes mortes étouffées ou le crâne fracturé et 250 blessés.

Mourir à Charonne, pourquoi ? from Daniel Kupferstein on Vimeo.

Les victimes des violences policières du 8 février 1962 au métro Charonne :
– Jean-Pierre BERNARD, 30 ans, dessinateur aux PTT ;
– Fanny DEWERPE, 30 ANS, sténodactylographe ;
– Daniel FERY, 15 ans, employé de presse ;
– Anne GODEAU, 24 ans, agent d’exploitation aux PTT ;
– Edouard LEMARCHAND, 40 ans, employé de presse ;
– Suzanne MARTORELL, 40 ans, employé de presse ;
– Hippolyte PINA, 58 ans, militant du PCF et de l’Union Syndicale du Bâtiment de Seine et Oise CGT ;
– Maurice POCHARD ;
– Raymond WINTENGS, 44 ans, imprimeur typographe


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