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ASIE DU SUD-EST

Myanmar. Résistance populaire armée dans la ville de Mindat, bombardée et occupée par la Junte

Les heurts armés ne cessent de s’intensifier entre la Tatmadaw (l’armée birmane) et les opposants au régime, rejoints par de nombreuses armées ethniques locales. L’état de Chin, et plus particulièrement la ville de Mindat, sont depuis quelques jours le théâtre d’affrontements violents durant lesquels l’armée a eu recours à des armes lourdes.

lundi 17 mai

Crédits photo : AFP

Nouvelle phase de la résistance au coup d’État

Depuis le 1er février dernier et le coup d’État perpétré par les militaires de la Tatmadaw, l’opposition n’abdique pas et le conflit s’intensifie. C’est la ville de Mindat, dans l’état de Chin, situé au Nord-Est du pays, à la frontière indienne, qui est le théâtre, depuis cinq jours, de nombreux affrontements entre la Force de défense de Chin (CDF) et l’armée birmane. La CDF, nouvellement créée et composée de civils armés de fusils de chasse artisanaux, est l’expression de l’approfondissement du conflit qui oppose l’armée aux travailleurs et à la jeunesse, qui rejoignent par dizaines, selon CNN, les armées ethniques locales qui sont entrées en résistance active contre le régime. Toujours selon CNN, ces combattants, pour la plupart étudiants, médecins ou infirmiers, viennent s’entraîner au combat aux côtés d’instructeurs issus de l’Armée Arakanaise (AA), tandis que les dirigeants de l’armée locale Chin se seraient réfugiés de l’autre côté de la frontière indienne, selon Libération.

Affrontements violents et crimes de guerre

Face à la résistance acharnée de la jeunesse et des travailleurs du Myanmar, l’armée accentue sa répression. The Irrawaddy, fait état de l’emploi d’armes automatiques, de missiles et d’attaques par hélicoptère. Du reste, plusieurs sources, dont The Irrawaddy, affirment que l’armée se serviraient de civils et de prisonniers comme de boucliers humains dans les affrontements avec les insurgés.

Ces crimes de guerre font état de la détermination du régime face à la révolte populaire qui pourtant ne faiblit pas et posent la question de l’auto-défense du mouvement avec une acuité encore plus importante.

Lutte pour l’auto-détermination ou pour le gouvernement d’unité nationale ?

Pour l’heure, la CDF a affirmé son soutien au gouvernement d’unité nationale (NUG) composé, entre autres, d’anciens membre du gouvernement d’Aung San Suu Kyi. Pourtant, la Ligue Nationale pour la Démocratie, parti de l’ancienne présidente emprisonnée, représente un pouvoir de conciliation avec l’armée et n’a pas mis un coup d’arrêt à ses exactions, loin s’en faut. Le parti renversé s’est même rendu directement complice des crimes génocidaires perpétrés contre les Rohingyas, dans l’Etat d’Arakan, dont l’armée a rejoint la résistance populaire.

L’approfondissement du conflit révèle toute l’ampleur des crimes de la junte qui visaient jusque là les minorités ethniques partout dans le pays. Mais le coup d’État et la multiplication des déploiement armés sont en train de faire émerger un ennemi commun. L’union du mouvement populaire et des armées ethniques locales pourrait ainsi rebattre les cartes politiques et favoriser l’essor d’un mouvement populaire multi-ethnique indépendant des partis de gouvernement, complices passifs des exactions de l’armée et des intérêts impérialistes.




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