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Palestine vaincra !

Mobilisation pour Ahmad Sa’adat : « soutenir les prisonniers c’est soutenir la résistance palestinienne »

Du 14 au 24 janvier s’est déroulée la semaine de mobilisation pour Amhad Sa’adat et les prisonniers politiques palestiniens qui a réuni plus de 220 organisations dans plus d’une trentaine de pays. Retour sur cette semaine avec Tom, porte-parole du collectif Palestine Vaincra.

Léo Stella

25 janvier 2023

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Crédits photo :@miquimm

Révolution Permanente : Peux-tu présenter le collectif et nous dire quelques mots sur la semaine de mobilisation pour Ahmad Sa’adat qui vient d’avoir lieu ?

Tom : Je m’appelle Tom Martin, je suis porte-parole du Collectif Palestine Vaincra, une organisation de soutien à la résistance palestinienne et à la libération de la Palestine de la mer au Jourdain. Collectif antiraciste et anticolonialiste, nous sommes membres du réseau de soutien aux prisonniers politiques palestiniens Samidoun qui est présent dans de nombreux pays dans le monde. Depuis une dizaine d’années, ce réseau a initié une semaine de mobilisation en soutien à Ahmad Sa’adat et à l’ensemble des prisonniers palestiniens qui s’est déroulée cette année du 14 au 24 janvier afin d’exiger leur libération immédiate.

RP : Peux-tu revenir sur l’histoire du militant Ahmad Sa’adat ?

Tom : Ahmad Sa’adat est le secrétaire général du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP), une organisation de gauche de la résistance palestinienne. Il a été arrêté le 15 janvier 2002 par l’Autorité palestinienne dans le cadre de la coordination sécuritaire avec Israël. A la suite de la trahison des accords d’Oslo en 1993, l’Autorité Palestinienne a été mise en place en Cisjordanie où elle joue le rôle de sous-traitant de l’occupation notamment dans la lutte contre le développement de la résistance du peuple palestinien et dans la répression contre ses militants, allant même jusqu’à tuer, comme ce fut le cas avec le militant anti-corruption Nizar Banat en juin 2021. L’Autorité palestinienne n’est donc pas une solution, mais au contraire elle fait partie du problème.

C’est donc dans ce cadre de la coordination sécuritaire qu’Ahmad Sa’adat est arrêté en 2002. Il est alors emprisonné dans une prison palestinienne à Jéricho surveillée par des soldats anglais et étasuniens. Puis en 2006, l’occupation israélienne décide d’enlever Ahmad Sa’adat et d’autres prisonniers politiques avec la complicité des gardes anglais et étasuniens. Sa’adat sera finalement condamné à 30 ans de prison le 25 décembre 2008 en tant que responsable politique d’une « organisation terroriste », le FPLP. Durant toute la procédure « judiciaire » israélienne, il a refusé de reconnaître la légitimité de cette justice, car ces tribunaux ne sont que des outils au service de la politique coloniale israélienne.

Aujourd’hui emprisonné, Ahmad Sa’adat reste une figure politique importante qui continue de résister à l’occupation israélienne avec ses frères et sœurs du mouvement des prisonniers. Ces dernières années, il a pris régulièrement des positions en soutien aux luttes anti-impérialistes dans le monde, mais aussi en soutien à Georges Ibrahim Abdallah, ce communiste libanais emprisonné en France depuis 1984, qu’il reconnaît comme l’un des 4 700 prisonniers palestiniens.

RP : Comment s’est déroulée cette semaine qui a donc pour but de mobiliser largement pour la cause des prisonniers palestiniens ?

Tom : Oui, la semaine a été appelée par plus de 220 organisations dans une trentaine de pays. Plusieurs actions ont été organisées afin de sensibiliser largement sur cette question, comme des affichages, des stands, des rassemblements ou encore des conférences dans de nombreuses villes comme New-York, Vancouver, Toulouse, Aubervilliers, Bruxelles ou encore Berlin. En France, l’appel a eu un écho important avec le soutien d’une quarantaine d’organisations, dont Révolution Permanente, mais aussi des sections syndicales de travailleurs et d’étudiants, des organisations antifascistes ou encore des organisations pro-palestiniennes.

L’objectif était donc bien-sûr de mettre en avant la question d’Amhad Sa’adat et des prisonniers palestiniens, de faire connaître ce combat, montrer l’actualité de cette lutte. Mais l’objectif était aussi de faire comprendre qu’il faut être aux côtés de la lutte pour les prisonniers politiques palestiniens, mais plus généralement pour la libération de la Palestine quand on est antiraciste et anticolonialiste en France. Car il faut sans cesse rappeler que cette lutte nous concerne au premier plan car Israël n’est finalement que le poste avancé des intérêts impérialistes dans cette région du monde.

Enfin, la semaine avait aussi pour objectif de désigner les responsables dans l’emprisonnement de milliers de Palestiniens. Bien sur l’occupation israélienne, mais aussi les régimes réactionnaires arabes qui collaborent avec elle (comme l’Autorité palestinienne) et les puissances impérialistes qui sont des soutiens indéfectibles de l’Etat sioniste.

RP : La lutte pour la reconnaissance et la libération des prisonniers politiques palestiniennes est d’autant plus importante aujourd’hui qu’on voit justement une offensive coloniale toujours plus forte et assumée de la part d’Israël, accentuée par l’arrivée au pouvoir d’un nouveau gouvernement d’extrême droite...

Tom : Oui avec l’arrivée du gouvernement d’extrême-droite, qui s’incarne par exemple avec le ministre de la Sécurité nationale fasciste Itamar Ben Gvir, on assiste à une offensive coloniale toujours plus assumée de la part de l’occupation israélienne comme l’a montré la provocation sur l’Esplanade des Mosquées. Depuis l’arrivée de ce gouvernement d’extrême-droite, Ben Gvir a multiplié les déclarations provocatrices contre les prisonniers palestiniens. Par exemple, il a visité récemment une prison israélienne où il voulait s’assurer que les conditions de détention ne s’amélioreraient pas pour les prisonniers politiques palestiniens.

Un autre exemple, deux cousins palestiniens Karim et Mahir Younes ont été libérés récemment après 40 ans de détention. Dès qu’ils sont sortis, Ben Gvir les a menacés de leur enlever la nationalité israélienne (ce sont des Palestiniens de 48) et de les expulser vers la Syrie. On voit donc que la question des prisonniers politiques est importante pour le peuple palestinien, mais aussi pour l’occupation israélienne qui veut tenter de les faire taire car ils restent des leaders de la lutte pour la libération de la Palestine en dépit de leur emprisonnement. C’est pour ça que la cause des prisonniers palestiniens est si centrale. Les soutenir c’est finalement soutenir la résistance palestinienne dans sa lutte anticolonialiste.

RP : Quelle importance particulière y a-t-il à soutenir la résistance palestinienne depuis la France ?

Tom :La France est un des principaux pays impérialistes et aujourd’hui elle développe toujours plus sa coopération avec l’occupation israélienne. Ce matin par exemple, l’ambassade de France en Israël a posté un tweet à propos de la visite du patron du Medef qui cherche à développer leur coopération avec l’économie israélienne. Israël est ouvertement gouverné par l’extrême droite et des éléments fascistes, et voilà la première action mise en œuvre. Face à cela, nous devons redoubler de solidarité et intensifier notre combat pour la libération de la Palestine et montrer que nous menons un combat commun anti-impérialiste et anticolonialiste. C’est pour ça que nous appelons tout le monde à rejoindre la lutte pour la libération de la Palestine.


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