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Rentrée sociale

Mobilisation de l’éducation nationale : « une journée isolée ne suffit pas pour faire plier le gouvernement »

« Stop à la casse de l’Education publique ». C’est le message qu’a souhaité envoyer le monde de l’éducation en cette première journée de mobilisation de la rentrée sociale. Avec un taux de mobilisation de 30% de grévistes parmi tous les personnels selon le Snes-FSU, le secteur de l’éducation contre lequel le gouvernement continue de multiplier les attaques s’est mobilisé ce 23 septembre.

jeudi 23 septembre

La rentrée sociale s’est ouverte avec l’appel à la grève des principales organisation syndicales de l’Education (Snes-FSU, CGT Educ’action, FO et Sud Education).

Le discours de Macron à Marseille sur le « projet pilote » dans 50 écoles marseillaises avait annoncé la couleur de la prochaine offensive du quinquennat contre l’éducation. Comme le dénoncent les équipes enseignantes de 40 écoles sélectionnées qui refusent de s’y soumettre, il s’agit surtout de casser le statut de fonctionnaire en recourant à la sélection des enseignants et de réduire les moyens alloués à l’éducation par la contractualisation. Depuis ont été lancées la loi Rilhac – sur la mise en place de directeur hiérarchique dans les écoles – et la généralisation des évaluations dans les primaires et les lycées, évaluations qui ont pour fin de contraindre les pratiques pédagogiques et contractualiser les moyens donnés aux établissements…

En effet, les enseignants ne décolèrent pas. Le gouvernement est en passe d’instaurer les mêmes principes néo-managériales qui ont mis le monde hospitalier à feu et à sang. Mais les personnels d’Education subissent déjà de plein fouet, en cette rentrée, les conséquences de la suppression des 1800 postes d’enseignants dans le secondaire : les effectifs en classe s’envolent, et la désorganisation apportée par la réforme du lycée épuisent les équipes. Dans certains établissements de Seine-Saint-Denis (lycée Batholdi et Eluard à Saint-Denis), on se bat contre une rentrée « apocalyptique » : des équipes se sont déjà lancées dans la bataille pour obtenir des postes d’infirmières et d’assistantes sociales, d’agents de cantine qui ne peut plus accueillir les élèves faute de personnels…

Si l’heure n’était pas tellement au grand rassemblement de rue pour une première grève de rentrée, c’est bien que cette date du 23 a été posée dans le paysage par les directions syndicales comme pour se dédouaner. Alors que depuis 4 ans l’ensemble des travailleurs de l’éducation réclament un « Blanquer démission », et dénoncent par de multiples grèves et actions par en bas la casse de l’éducation publique et le manque de moyens les organisations syndicales n’ont à aucun moment su être un rempart aux multiples attaques. La mobilisation éparse de la journée agit comme un miroir de la déconnexion et du peu d’emprise que les directions syndicales ont aujourd’hui sur le mouvement des travailleurs de l’éducation. C’est le sens de ce que peut dénoncer Elise professeure à Stains et militante à Révolution Permanente : "Une journée isolée ne suffit pas pour faire plier le gouvernement. C’est pas des discussions dans les salons de la part des directions syndicales dont on a besoin, c’est d’imposer un véritable plan de bataille qui soit gagnant".

A Paris, la manifestation a rassemblé une dizaine de milliers de personne, principalement derrière les grandes banderoles syndicales. A l’exception de quelques regroupements d’établissements et d’équipes – les « bahuts d’Aubervillers », un cortège des écoles primaires de Saint-Denis – et de quelques équipes du premier degrés très remontés contre la dernière loi Rilhac.

Entre épuisement et colère, le monde de l’éducation a encore du mal à se mobiliser plus largement. Pourtant, à deux ans de la mort de Christine Renon, sous le coup de toujours plus d’injonctions, les risques de voir les personnels de l’Education en venir à des situations de burn-out, de dépression, voire au pire, n’est jamais loin. A la détresse individuelle doit répondre un grand sursaut collectif contre un ministère maltraitant de ses personnels mais aussi de ses usagers les plus fragiles (AESH sous payées, aucun moyen pour l’inclusion des élèves handicapés et allophones). Encore plus quand le ministre provoque en se prétendant « ministre du bien être des professeurs ». Ultime provocation…




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