^

Politique

La France complice d'Israël

"Manifestations antisémites" : l’amalgame de Darmanin pour interdire les mobilisations pro-Palestine

Gérald Darmanin a justifié la répression de la manifestation de soutien au peuple palestinien par une déclaration mensongère absolument scandaleuse. Il a déclaré qu’il ne peut y avoir de « manifestations antisémites en France ». Des déclarations absolument hypocrites, pour celui qui a repris à son compte l'antisémitisme napoléonien et défendu l'Action Française.

vendredi 14 mai

Photo : France Info

Au micro de BFMTV et France Info, le ministre de l’Intérieur vient de faire des déclarations scandaleuses : « Il ne peut pas y avoir de manifestations de haine, de manifestations antisémites en France ». Ces propos s’inscrivent à la suite de sa demande auprès de la Préfecture de Paris d’interdire la manifestation qui devrait avoir lieu ce samedi dans la capitale, pour dénoncer les exactions de l’État sioniste et colonial d’Israël sur le peuple palestinien. Gérald Darmanin a également annoncé que la manifestation allait être vraisemblablement réprimée puisqu’il a demandé la mise en place d’un important dispositif policier, « quel que soit la décision du tribunal »

Après plus d’une semaine de mobilisations de la jeunesse palestinienne, le gouvernement israélien a lancé plusieurs offensives meurtrières à Jérusalem Est et à Gaza avec le soutien de l’extrême droite. Ce massacre, qui a fait déjà 100 morts, est orchestré en toute complicité avec Macron et Biden de par leur soutien à cet État colonial.

Au-delà de sa demande d’interdire la manifestation, et qui rappelle l’interdiction des manifestations pro-Palestine en 2014 par Manuel Valls, ces déclarations soulignent également la complicité de l’État français avec la politique sanglante de l’État d’Israël. En effet la France, avec les États-Unis, est l’un des premiers partenaires d’Israël, sur le plan militaire, économique et politique.

Mais cette démagogie utilisée par Darmanin est particulièrement fallacieuse, effaçant notamment les distinctions entre antisionisme et antisémitisme : les mobilisations, en Palestine, en France et dans le monde, ne pointent pas la religion juive, mais bien la politique coloniale criminelle de l’État d’Israël qui opprime le peuple palestinien depuis des décennies.

Ces propos de Darmanin sont particulièrement hypocrites surtout lorsqu’on sait que le même ministre reprenait à sa sauce l’antisémitisme napoléonien. C’est dans son livre Le séparatisme islamiste, qu’il revendiquait en mars la gestion raciste par Napoléon des communautés juives. Ce dernier parlait notamment des « problèmes d’intégration des Juifs à la Nation française  » en racontant au travers de clichés antisémites les plus nauséabonds que « certains d’entre eux pratiquaient l’usure et faisaient naître troubles et réclamations ».

De plus, difficile d’entendre ces déclarations hallucinantes sur BFMTV sans penser aux liens étroits qu’a entretenu le ministre avec l’organisation royaliste d’extrême droite Action Française bien connue pour son antisémitisme puant. Montrant ainsi sa sympathie avec les milieux ultra-conservateurs et réactionnaires de l’extrême-droite.
Aujourd’hui, Darmanin est le chef de file de l’offensive sécuritaire et islamophobe du gouvernement, et de la complaisance avec l’extrême droite. Une offensive qui cherche notamment à réprimer et à faire taire toutes celles et ceux qui osent dénoncer le racisme structurelle mais aussi l’impérialisme dans lequel s’inscrivent les politiques coloniales israéliennes qui s’abattent sur le peuple palestinien. Ces déclarations qui visent notamment à justifier l’interdiction de manifestation à Paris, démontrent finalement les volontés explicites de la part de l’exécutif de défendre l’État colonialiste et raciste d’Israël, partenaire politique et économique de premier plan pour l’État français.




Mots-clés

Gérald Darmanin   /    Israël   /    Palestine   /    Répression   /    Politique