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Extrême droite

Manifestation de néo-nazis à Paris : et la machine à intimider s’enraya un peu

Ce samedi, l’extrême-droite néo-nazie a pu tenir sa manifestation annuelle en toute impunité dans les rues de Paris. Mais l’intervention d’une jeune femme relayée des millions de fois sur les réseaux sociaux est venue apporter un contrepoint à cette tentative d’intimidation.

Nathan Deas

13 mai

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Manifestation de néo-nazis à Paris : et la machine à intimider s'enraya un peu

« Vous êtes des sales fachos et des sales racistes de merde ». Face aux centaines de militants d’extrême-droite qui marchent au pied façon militaire dans les rues de Paris derrière des drapeaux noirs frappés de la croix celtique, pour la plupart le visage masqué et habillés de sombre, une jeune femme noire donne de la voix dans les rues de Paris ce samedi. La vidéo filmée par un de ses camarades a fait le tour des réseaux sociaux et des millions de vues depuis ce week-end.

Plus attentifs à interdire les manifestations de soutien à la Palestine, le tribunal administratif de Paris et le gouvernement avaient en effet fini par autoriser la veille dans le 6ème arrondissement de Paris une marche d’extrême droite à l’appel du Comité du 9 mai. Un rendez-vous encadré par le GUD et une « démonstration de force » investie, comme l’année précédente, par plus de 600 « militants » venus commémorer les trente ans de la mort de Sébastien Deyzieu, militant de l’Œuvre française, groupuscule pétainiste et antisémite.

En tête de la manifestation, un de leurs meneurs, Gabriel Loustau - fils d’Axel Loustau, figure du Gud et ancien trésorier du microparti de Marine le Pen, Jeanne. Derrière lui, des militants identitaires, néo-nazis, néofascistes ou royalistes qui ont pu défiler en toute impunité, mais également se prendre en photo avec la candidate de Renaissance aux européennes Valérie Hayer, affublés de leurs t-shirts « white race ».

Alors que la manifestation avait fait scandale l’année dernière, un village « antifasciste » se tenait pour l’occasion sur la place du Panthéon, appelé par une quarantaine d’organisations politiques, syndicales et associatives. L’événement a réuni plusieurs milliers de participants et a été un succès pour cette première initiative importante.

Cependant, c’est l’intervention de cette jeune femme, Adja Traoré, qui aura finalement été le symbole le plus fort de la riposte face à l’extrême-droite ce week-end. Refusant de laisser défiler en paix les militants fascistes, celle-ci les a alpagués pendant un long moment, n’hésitant pas à marcher à leurs côtés pour mieux les insulter copieusement, avec un courage impressionnant.

Sa vidéo a depuis été vue des millions de fois, générant des milliers de commentaires et un enthousiasme qu’on avait rarement vu récemment. L’enthousiasme de celles et ceux à qui Adja Traoré est venue rappeler qu’il est possible de ramener y compris l’extrême-droite la plus violente à ce qu’elle est, voire de la confronter. Un symbole certes, mais d’importance à l’heure où la démoralisation ou les issues institutionnelles semblent primer comme réponse face à la progression de l’extrême-droite.

Après des mois où s’enchaînent les campagnes d’instrumentalisations de drames comme la mort des jeunes Lola et Thomas, entraînant des tentatives de ratonnades, et alors que l’extrême droite tente de reprendre la rue, il y a urgence à reprendre confiance dans nos forces et à lui opposer un front offensif. Un front qui devrait allier lutte contre les idées d’extrême-droite et contre les offensives de Macron qui la nourrissent, et se lier avec le mouvement pour la Palestine, particulièrement touché par le durcissement autoritaire récent.

Allier la politique de riposte collective du village antifasciste et le courage de Adja Traoré, mais aussi des étudiant·e·s qui occupent leurs établissements malgré les menaces de répression, voilà la voie que devraient suivre le mouvement ouvrier, les organisations politiques, antiracistes, antifascistes, écolos ou féministes, dans les mois à venir.


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