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Politique

Hypocrisie municipale

Mairie de Bordeaux. Entre soutien de façade aux associations et expulsions de migrants

Début mai, la Mairie EELV de Bordeaux a adhéré successivement à la charte de SOS Méditerranée, ainsi qu’à l’Association nationale des villes et territoires accueillants (ANVITA). Une manière de se laver le visage, alors même qu’elle prépare l’expulsion début juin du squat de l'Éclaircie, abritant des centaines de personnes dont des dizaines de familles.

vendredi 14 mai

Crédits photo : Philippe LOPEZ/AFP

Le mois dernier, un jeune homme se serait donné la mort dans le Centre de Rétention administrative (CRA) de Bordeaux. Les personnes y sont enfermées et détenues dans des conditions infernales pour le seul motif d’avoir reçu une obligation de quitter le territoire, ou d’être soumis à la procédure Dublin, concernant toute personne ayant formulé une demande d’asile dans un autre pays avant de le faire en France.

Un rassemblement s’est tenu mercredi 28 avril afin de dénoncer les conditions d’enfermement de ces personnes, d’exiger la fermeture des centres de rétention et de soutenir la grève de la faim entamée par les détenus. Aucun élu EELV n’était présent au rassemblement ou n’a exprimé publiquement son indignation, bien que cet événement ait été couvert et relayé par de nombreux médias.

Tendre la main pour mieux se laver le visage ?

Pourtant, lundi 3 mai, le Maire de Bordeaux Pierre Hurmic a adhéré à la charte d’SOS Méditerranée, une association de sauvetage en haute-mer et signait leur tribune, ajoutant que la mairie de Bordeaux “souscrivait entièrement aux trois missions de SOS Méditerranée : secourir les rescapés, les protéger, puis témoigner”.

Secourir, protéger et témoigner : des engagements que Pierre Hurmic ne tient pas dans sa propre ville, comme en témoigne l’expulsion prochaine du squat de l’Éclaircie sur les terrains de la Mairie.

Lors du conseil municipal du 4 mai dernier, a également été votée l’adhésion de la Mairie de Bordeaux à Anvita, une association pour “villes et territoires accueillants” envers les migrants. Dans ce même conseil, Pierre Hurmic a pourtant refusé de soumettre à l’ordre du jour une motion proposée par le groupe Bordeaux en Luttes, proposant que la Mairie prenne position publiquement en faveur de la fermeture du CRA. Si la Mairie de Bordeaux empêche ne serait-ce qu’un débat politique sur les CRA et leur conditions de rétention, comment peut-elle par la suite prétendre être une ville accueillante ?

Une connivence avec la politique d’expulsion de la Préfecture

En réalité, lorsque la mairie de Bordeaux, adhère aux associations d’aide aux personnes migrantes ce n’est que pour afficher un progressisme de façade et se laver des attaques qu’ils font subir aux migrants sur leur propre territoire. Au-delà des paroles aucun engagement n’est réellement pris, malgré les moyens à leur disposition.

En effet Pierre Hurmic, bien qu’il puisse user d’un arrêté de réquisition pour mettre à l’abri toutes les personnes mises à la rue suite aux nombreuses expulsions menées par la préfète Fabienne Buccio, aucune solution de relogement ne leur est proposée, hormis une salle de réception pour une très courte durée.

L’Éclaircie toujours menacée d’expulsion

Pour autant, lorsque l’on lit le programme d’Europe Ecologie Les Verts, la question du logement semblait être un point central. Dans la réalité, la Mairie privilégie les projets d’aménagement urbains rentables comme en témoigne le projet de ZAC centre ville Bordeaux dans la ville de Gradignan, motif d’expulsion de l’Éclaircie, un lieu où vivent actuellement plusieurs centaines de personnes et familles, menacées de finir à la rue ou en centre de rétention.

La Mairie étant propriétaire du terrain et du bâtiment, aurait pu, pour être en accord avec ses toutes nouvelles convictions humanitaires, éviter de saisir le tribunal administratif, éviter de demander une mesure d’expulsion. Elle aurait pu également proposer une solution de relogement pour tous les habitants sans aucune distinction. Elle aurait pu tout cela, si la Mairie menait une réelle politique sociale. Mais dans la réalité, les engagements que la Mairie prend, en adhérant à des associations d’aide aux migrants, s’arrêtent là où commence le profit.

Face à cela nous revendiquons le droit aux logements pour tous et toutes et donc la réquisition de tous les logements vides mais également, la régularisation de tous les sans-papiers et la fermeture immédiates des centres de rétentions administratives !




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