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Politique

Macron favorable à la levée des brevets : l’hypocrisie du gouvernement continue

« Tout à fait favorable » à la levée des brevets. Après s’y être fermement opposé la première année, le temps pour les puissances impérialistes de s’accaparer la majorité des vaccins produits jusqu'a maintenant, Macron fait la girouette et suit désormais la ligne de Biden sur la propriété intellectuelle des vaccins.

vendredi 7 mai

Au lendemain de l’annonce de Joe Biden pour la levée des Brevets sur les vaccins, Macron s’est déclaré « tout à fait favorable » à cette action inspirée par l’administration nord-américaine. Des déclarations cyniques puisqu’elles constituent un changement de cap drastique de la part du président de la république, qui s’y opposait catégoriquement il y a quelques semaines.

En effet, au mois d’avril le président déclarait à l’OMS être pour le dispositif COVAX qui permettait de « partager » les doses que produisent États impérialistes avec les pays démunis, en balayant la question de lever les brevets sur les vaccins : «  Nous entendons beaucoup parler en effet de transfert ou d’absence de propriété intellectuelle. Le sujet, nous le savons aujourd’hui, n’est pas celui-là. C’est celui du transfert de technologie, de la mobilisation des capacités de production  ». De la même manière, son secrétaire d’État chargé des Affaires européennes, Clément Beaune, avait expliqué devant l’Assemblée nationale que la levée des brevets ne «  sert à rien  », tandis que la ministre déléguée à l’Industrie Agnès Pannier-Runacher déclarait que «  supprimer les brevets est une fausse bonne idée parce que ce n’est pas le sujet aujourd’hui  ».

Alors pourquoi un tel revirement dans le discours de la part du président, le lendemain de l’intervention de Biden ? Si aujourd’hui ce sont les conditions exceptionnelles de la gravité de la crise qui sont mises en avant pour justifier ce retournement, la réalité c’est qu’un an après, le gouvernement n’a plus autant d’enjeu à s’opposer à la levée des brevets. La France et les autres grandes puissances impérialistes se sont déjà appropriées la totalité de la production de vaccins jusqu’à présent.

De plus, les grands groupes pharmaceutiques, bien qu’ils s’opposent toujours fermement à la perte de leur monopole sur les vaccins, ont déjà tiré le plus gros de leur épingle avec la première vague de vaccination. Astrazeneca annonçait des bénéfices record d’1,5 milliards d’euros uniquement sur les 3 premiers mois de l’année, tandis que Pfizer prévoit de dégager plus de 4 milliards de bénéfices sur la vente de ces vaccins en Europe et aux États-Unis.

Et à contrario, avec le développement des variants dans les pays les plus démunis de vaccin, les gouvernements occidentaux craignent désormais de perdre la course à l’immunité face au virus. C’est pourquoi, pour préserver leurs propres intérêts, ils se positionnent tous en faveur de la levée des brevets ces derniers jours, en espérant ainsi élargir l’accès au vaccin aux pays les plus pauvres déjà dévastés par l’épidémie, et tenter de limiter l’apparition de nouveaux variants. Bien que ce soit aujourd’hui pour préserver leurs intérêts économiques, cette décision confirme donc ce qu’ils ont tous nié jusque-là : que la propriété intellectuelle est une entrave à la gestion sanitaire de la crise.

Mais si aujourd’hui cette levée des brevets est toujours aussi urgente pour permettre l’accès au vaccin à l’ensemble de la population mondiale, il n’y a que sous le contrôle démocratique des travailleurs que cette levée pourra amener à une organisation efficace. La gestion de la crise capitaliste ne peut être laissée entre les mains des gouvernements et des labos pharmaceutiques qui ne pensent qu’à leurs profits.




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