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Levons les brevets !

Le monde se barricade face au variant Omicron : les puissances impérialistes sont responsables

L'arrivée du variant Omicron en Europe a provoqué un réflexe de fermeture des frontières qui, loin de témoigner d'une gestion alerte de la crise sanitaire, en révèle toutes les limites. Les pays européens impérialistes se barricadent contre le nouveau variant venu d'Afrique du sud tout en refusant de lever la propriété privée des brevets et de fournir les doses de vaccin dont les autres pays ont besoin.

lundi 29 novembre 2021

Crédits photo : Aéroport de Johanesburg le 27 novembre - AFP

Variant Omicron : les autorités tirent le signal d’alarme

Depuis une semaine, date à laquelle le variant Omicron a été détecté en Afrique du Sud, la communauté scientifique internationale est en alerte. Le nouveau variant du SARS-CoV-2 qui touche de plein fouet l’un des pays d’Afrique les plus durement touchés par la pandémie s’avère particulièrement virulent. En effet, il compte plus de 30 mutations dans la protéine spike responsable de la pénétration du virus dans les cellules qu’il infecte. De nombreuses mutations se situent au niveau de récepteurs responsables de l’immunité et pourraient engendrer « une diminution de la capacité de neutralisation des anticorps » comme le rapporte Le Monde. Associée à la propagation au niveau mondial du variant cette caractéristique inquiète particulièrement l’OMS qui redoute de « futurs pics de Covid-19, qui pourraient avoir des conséquences sévères en fonction de différents facteurs et en particulier où ces pics se produiraient ».

En Afrique du Sud, près de 10 000 contaminations quotidiennes sont à prévoir d’ici à la fin de la semaine selon l’épidémiologiste sud-africain Salim Abdool Karim qui s’inquiète de la progression de la nouvelle souche du virus. L’Europe a rapidement été touchée également : Belgique, Italie, République tchèque, Royaume-Uni (Écosse), Allemagne, Autriche, chacun de ces pays ayant recensé les premiers cas de contamination au variant Omicron sur son sol.

Les autorités sanitaires ont immédiatement tiré la sonnette d’alarme face à cette situation. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies affirme que « le niveau général de risque pour l’UE et l’EEE (Espace économique européen, Islande, Liechtenstein et Norvège) associé au variant Omicron est jugé élevé à très élevé ». Alors que l’Europe affronte actuellement la 5ème vague de l’épidémie en plein hiver avec le variant Delta, « l’impact de l’introduction et la possible propagation d’Omicron pourrait être très élevé » selon l’organisme de santé. Dans le même temps, l’Organisation mondiale de la santé a déclaré « préoccupant » le variant Omicron avant de passer à un risque « très élevé » en raison de la possible propagation au niveau mondial du nouveau variant.

En France, le Conseil scientifique Français prône une politique de contention du variant Omicron semblable à celle employée contre le variant Delta qui touche l’Europe. Selon Jean-François Delfraissy, spécialiste en immunologie, le danger réel du variant est encore à établir mais en attendant il recommande de remettre « les gestes barrières au programme, avec aération, distance, masque » et de foncer « sur les trois doses, avec une priorité donnée aux plus de 50 ans, aux personnes fragiles et aux soignants ». Il affirme également que « la planète ne sera sortie d’affaire que lorsque tous les pays seront vaccinés » tandis que le médecin épidémiologiste Arnaud Fontanet souligne qu’« il faut vacciner les pays du sud et continuer la campagne de rappel “troisième dose” des pays du Nord, les stratégies ne sont pas à opposer. L’urgence ce n’est pas eux contre nous, mais nous tous ensemble ».

L’impérialisme est responsable de la crise sanitaire !

Face au variant Omicron, de nombreux pays ont annoncé la fermeture de leurs frontières aux voyageurs étrangers ces derniers jours. C’est le cas du Japon, d’Israël, du Maroc ou de l’Australie. Les Etats-Unis fermeront de leurs côtés leurs frontières aux pays d’Afrique australe à partir de cette semaine. C’est la même décision qui a été prise par l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni et la France. « On va mettre en place un protocole renforcé au niveau européen pour les voyages » a de son côté annoncé Clément Beaune, affirmant que les frontières ne seraient en revanche pas fermées à l’intérieur de l’Union Européenne.

La rapidité avec laquelle les différents gouvernements ont fermé leurs frontières aux ressortissants d’Afrique du Sud ou des pays limitrophes ne doit pas nous tromper. Loin d’être le signe d’une gestion réactive de la situation de crise sanitaire, elle démontre l’impuissance dont font preuves les grandes et petites puissances face à la pandémie. Comme le souligne Jean-François Delfraissy, la pandémie est un problème mondial qui ne peut se résoudre au local. La fermeture des frontières, outre qu’elle témoigne d’une certaine « afrophobie » comme le déclare le Malawi, entérine une gestion locale des réalités internationales que la pandémie à mis à jour.

Deux ans après le début de la pandémie, c’est toujours une logique court-termiste qui anime les États européens. Le nationalisme vaccinal qui permet une gestion plus ou moins contenue de la pandémie avec des restrictions moindres qu’au début de la crise sanitaire atteint cependant ses limites face aux mutations venues des variants qui se répandent dans le monde. L’émergence du variant Omicron remet une fois de plus sur le devant de la scène la nécessité d’en finir avec l’accaparement du vaccin par une poignée de puissances. Plutôt que de déplorer que nous soyons dans « une course contre la montre » face au variant Omicron comme le fait Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, il faut agir rapidement et fort contre le monopole imposé par les grands laboratoires pharmaceutiques.

Le refus obstiné de lever les brevets de vaccins afin de maintenir les profits des grands laboratoires pharmaceutiques démontre la responsabilité criminelle des puissances impérialistes qui sont prêt à sacrifier le reste du monde, mais aussi l’issue de la crise sanitaire mondiale, sur l’autel de la sacro-sainte propriété privée. La rétention des doses de vaccins et la pénurie induite dans les pays n’ayant pas les moyens de produire des vaccins, comme l’Afrique du Sud, favorise l’émergence de variants toutsazimuts. Or, sans une couverture vaccinale mondiale aucune solution de long terme à la pandémie ne peut être trouvée et, cycliquement, le monde connaître des vagues plus ou moins fortes de contamination avec son lot de mesures restrictives et de morts

Pour trouver une véritable issue sortie à la crise à la crise sanitaire, il est donc plus que jamais urgent de réclamer la levée des brevets, comme le font plusieurs organisations comme la CGT Santé Action sociale, SUD Santé Sociaux, Attac, l’Association des médecins urgentistes de France ou la Ligue des droits de l’Homme qui appellent à la mobilisation ce mardi 30 novembre à 18h Place de la Bourse. En outre, une gestion sanitaire à la hauteur implique plus que jamais d’exproprier les grands labos pharmaceutiques qui maintiennent les brevets, et la recherche scientifique captifs de leurs profits.




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