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Notre classe

Face à la dictature patronale !

La grève des salariés de MC Syncro pour l’embauche des intérimaires et les salaires : un exemple à suivre

Les salariés de MC Syncro ont entamé leur deuxième semaine de grève. Ils travaillent pour le site PSA de Poissy, et font le montage des roues pour tous les véhicules qui sortent de la production. C'est une vraie épine dans le pied de PSA qui, dans son plan de sous-traitance, va multiplier le nombre d'entreprises qui travailleront sur les sites de production, tout en payant moins leurs salariés que les autres et en précarisant toujours davantage les emplois.

mercredi 14 décembre 2016

Une lutte contre la précarité et pour l’embauche des intérimaires

Comme partout dans le secteur automobile, la précarité et les bas salaires sont la règle, avec des cadences infernales et des heures supplémentaires qui souvent, cassent les week-ends - avec par exemple des heures de travail le samedi matin. Les salaires aussi sont à la ramasse, plafonnant à 1500 euros brut, en réalité 1200 net, comme le souligne le délégué CGT Ansoumane Dramé. La lutte pour l’embauche des 16 intérimaires, sur les 50 salariés qui travaillent, est la pierre angulaire des revendications des salariés. Et en cela, la lutte des embauchés, comme celle des précaires, est une même et importante exigence pour gagner en efficacité. Nous sommes tous des exploités, peu importe notre contrat de travail, nous avons le même patron et les mêmes intérêts à défendre : celui de faire reculer la précarité et d’améliorer le niveau vie, avec une revendication de 200 euros pour tous.

Le groupe PSA croule sous des milliards, à nous de lui faire les poches : tout est nous, rien n’est à eux

Que l’on soit chez un sous-traitant ou chez PSA, nous avons les mêmes intérêts en tant que salariés : c’est pourquoi la grève des salariés de MC Syncro est la nôtre. Les ouvriers n’ont à perdre que leurs chaînes et la direction de PSA Poissy a beau dire aux médias que la grève n’a aucun impact sur la production, c’est certainement la raison pour laquelle ça tourne au ralenti sur les lignes de montage. Mais la solidarité commence à prendre de l’ampleur, et les discussions dans les ateliers également. La plus grande peur de PSA est que les ouvriers se mettent eux aussi en mouvement, pour demander leur dû en termes de salaires, surtout qu’elle a fait 1,2 milliard au premier trimestre, et exiger en outre l’embauche de tous les précaires.

Des cadres venus de Belgique pour remplacer les grévistes

Si l’impact de la grève était aussi maigre que la communication de PSA Poissy le prétend, pourquoi a-t-elle fait venir des cadres pour travailler à la place des grévistes ? Ce sont en effet des cadres belges qui sont venus faire ce sale boulot. En tout cas, soyons-en sûr, le montage des roues se fera presque à l’arrêt.

Un exemple qui va en appeler d’autres

La lutte contre la précarité est une ligne politique centrale pour notre classe : tout d’abord, pour unifier les plus exploités avec les embauchés qui ont un CDI, et surtout parce que le patronat cherche de plus en plus à nous précariser pour détruire toute résistance. C’est pourquoi la mobilisation pour l’embauche des précaires est un enjeu important pour la classe ouvrière. C’est le sens du soutien apporté par les salariés de PSA Poissy, qui ont participé avec les grévistes de MC Synchro à une distribution de tracts et à une collecte financière à la gare SNCF de Poissy. Cette action exemplaire va dans le sens des solidarités à construire entre les travailleurs des différentes boîtes, de PSA comme de ses sous-traitants, tout en cherchant le soutien de la population. Cette convergence des luttes est le moyen le plus efficace pour mettre un frein à la casse des conditions de travail et établir un rapport de force à la faveur des travailleurs, à même de faire trembler le patronat.




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