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Université Paris Cité

L’UPC empêche le vote d’une motion autorisant les absences des étudiants pendant la mobilisation !

A l’Université Paris-Cité, Le Poing Levé défend depuis deux mois une motion au Sénat académique pour exiger d'arrêter de relever les absences des cours les jours de mobilisation. La Présidence, bien aidée par la Fage, multiplie les manoeuvres antidémocratiques pour empêcher le vote de cette motion.

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L'UPC empêche le vote d'une motion autorisant les absences des étudiants pendant la mobilisation !

Si depuis le 19 janvier, de nombreux jeunes manifestent chaque semaine aux côtés des travailleurs contre la réforme des retraites et plus largement contre le projet de société que défend Macron, plusieurs freins empêchent cependant la mobilisation de la jeunesse de se développer pleinement. Entre les fermetures d’établissements et le recours systématique au distanciel contre les grèves et blocages, et une importante pression scolaire, marquée par les contrôles d’assiduité et le risques de perdre sa bourse en cas d’absence, le mouvement étudiant affronte de nombreux obstacles dans le contexte d’un renforcement de la sélection et de la précarité étudiante.

Face à cette situation, dans de nombreuses universités Le Poing Levé a défendu de ne pas sanctionner les étudiants absents lors des journées de mobilisation, ce qui a été obtenu à Toulouse notamment. A l’Université Paris-Cité cependant, la Présidence s’oppose à cette motion et multiplie les manoeuvres pour empêcher son examen au sein du Sénat Académique, un des conseils centraux de cette université.

L’Université Paris-Cité refuse d’examiner une motion appuyée par la majorité du Sénat Académique

Connue pour ses pratiques anti-démocratiques et ses entraves répétées au droit des étudiants de s’organiser, la présidence a en effet empêché le vote sur cette motion à deux reprises, les 25 janvier et 14 février, alors qu’elle était soutenue par la majorité du Sénat Académique.

Le 25 janvier d’abord, nous avons proposé la motion demandant l’arrêt des contrôles d’assiduité lors des journées de mobilisation, en soutien aux étudiants et personnels mobilisés. Malgré le soutien des enseignants de la liste PUPH (Pour une université plus humaine) et de l’élue de Solidaires étudiant-e-s, la présidence a refusé l’examen de la motion, prétextant qu’il fallait que plus de la moitié des élus au Sénat Académiques se soient exprimés en faveur d’une motion 48 heures avant la séance pour que cette dernière puisse être examinée. Une réglementation anti-démocratique, qui limite les discussions, ne permet pas de convaincre, et donc empêche de défendre une motion à l’heure où les personnels et les étudiants se mobilisent contre la réforme des retraites. Elle rappelle en outre le caractère autoritaire de ces conseils, le Sénat Académique ne comptant que 9 élus étudiants sur les plus de 60 000 de l’Université Paris-Cité, quand seules 3 personnes représentent les étudiants au Conseil d’Administration, pourtant composé de 8 personnalités extérieures.

Surtout, derrière l’utilisation de cette réglementation, qui n’est pas toujours appliquée dans les conseils, se cache le refus de la présidence de l’Université de s’engager contre la réforme des retraites. En effet, la présidence Cristine Clerici a d’abord avancé que le Sénat Académique n’était pas le lieu pour discuter de questions politiques. Elle a alors été soutenue par le vice-président étudiant élu sur la liste Bouge ta Fac - la Fage, lequel a estimé que les conseils ne devaient pas prendre partie en soutien à des manifestations, et ce malgré la participation de cette organisation à l’intersyndicale.

Le 14 février à nouveau, les élus du Poing Levé ont proposé cette motion, avec cette fois le soutien de la moitié des élus au Conseil Académique. Les élus de Solidaires Etudiant-e-s, de la liste PUPH, de FERC SUP CGT, de FO, du SGEN CFDT, et de SNPTES UNSA ont ainsi appuyé la démarche, quand ceux de la liste « Changeons pour Réussir » ont déclaré soutenir l’examen de cette motion par souci démocratique sans nécessairement s’engager à la voter.

Face à ce soutien large à la motion demandant la banalisation des cours, la présidence a usé d’une manœuvre des plus autoritaires, refusant l’examen de la motion et mettant fin hâtivement à la réunion. Là encore, elle s’est justifié en avançant que le Sénat ne pouvait pas discuter de sujets politiques. A nouveau, les élus de la FAGE, majoritaires parmi les élus étudiants, ont accepté cette interruption des débats.

Toujours soucieux de ne pas prendre de « positions politiques » ils ont proposé une motion alternative stipulant que « dans le cadre des valeurs de la république […] l’Université Paris Cité s’efforcera dans la mesure du possible, et quand cela n’est pas défavorable aux étudiants, de ne pas organiser de contrôle de connaissances […] les jours de forte mobilisation citoyenne ». Un texte qui reste au stade de la déclaration d’intention, ne prévoit pas de banaliser les cours, et ne permet pas de protéger les étudiants souhaitant se mobiliser ; dans de nombreux UFR d’ailleurs, l’administration a rappelé aux étudiants que leur présence était obligatoire malgré la mobilisation et les grèves de transport. Aussi, le texte proposé par la FAGE refuse de se positionner sur la réforme des retraites, qui va pourtant durcir les conditions de vie de l’ensemble des personnels, et qui promet aux étudiants de travailler au moins 43 ans à la sortie de leurs études.

Pas de politique dans les conseils universitaires, vraiment ?

Le prétexte affichée par la présidente de l’université Christine Clerici, qui a démissionné il y a peu, et par la FAGE, de refuser d’adopter une position politique dans les conseils universitaires a de quoi étonner. En effet, Christine Clerici a soutenu publiquement Emmanuel Macron, et dirige une université qui entretient des liens étroits avec des grandes entreprises de la pétrochimie ou du luxe, et s’est engagée à de nombreuses reprises à renforcer le poids de financement d’entreprises privés dans les activité recherche, avec une incidence évidente sur le contenu des enseignements. Difficile de ne pas voir ce qu’il y a de politique en effet lorsqu’on préside une université qui a tout du modèle de fac néolibérale que Macron veut étendre à l’ensemble de l’enseignement supérieur

De son côté, la Fage détient des postes de Vice-président étudiant et donc participe à la politique des établissements dans de nombreuses universités, et même si elle s’oppose officiellement à la réforme des retraites, ces dernières années beaucoup d’anciens dirigeants de la FAGE ont fini conseillers de ministres macronistes.

Au-delà du discours, ce qui dérange la présidence de l’université et ses alliés élus étudiants c’est donc plutôt de s’opposer à une réforme des retraites qui va aggraver les conditions de vie de l’ensemble des travailleurs, et de rendre possible l’émergence d’une mobilisation étudiante forte à l’université Paris-Cité en remettant en cause un des principes clés de l’université néolibérale, à savoir la sélection et la pression scolaire qui l’accompagne. C’est pour ces raisons que la direction cherche a empêcher l’examen de la motion sur la banalisation des cours.

Déterminée à entraver l’organisation des étudiants et des personnels pour défendre une réforme des retraites qu’elle soutient, la présidence a d’ailleurs profité du Sénat Académique pour défendre la « valeur du travail », estimant que voter la motion serait « un mauvais signal envoyé aux étudiants », qui devraient se résigner à un futur fait de travail jusqu’à 67 ans. Les travailleurs de l’université devraient de leur côté accepter de travailler encore plus longtemps alors que les personnels de Paris Cité ont été particulièrement affectés par les suppressions de postes depuis trois ans

Si les élus du Poing Levé vont présenter à nouveau cette motion lors du prochain Sénat Académique, face à une présidence déterminée à empêcher qu’elle soit votée c’est la mobilisation des étudiants et des personnels qui sera décisive pour la faire reculer. A la veille d’un 7 mars qui s’annonce déjà historique, l’organisation sur les lieux d’étude et la tenue d’Assemblées générales massives seront en effet déterminantes pour faire sauter les obstacles posés par les présidences d’université, et permette aux étudiants de se battre contre la réforme des retraites, et plus largement contre Macron et le projet de société qu’il défend.

Dans ce sens, rendez-vous pour une Assemblée général étudiante lundi 6 mars à 12h30 dans l’amphi 6C de la Halle aux Farines et à la même heure salle Rabelais 2 au campus des Saints-Pères


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