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Politique

On n’oublie pas, on pardonne pas !

« L’État a noyé des Algériens ». Des milliers de manifestants en hommage aux morts du 17 octobre 1961

A l’occasion du 60e anniversaire du massacre du 17 octobre 1961, des milliers de manifestants ont défilé à Paris et dans plusieurs villes de France pour exiger Vérité et Justice sur ce crime organisé par l’Etat français sous la houlette de Maurice Papon : « Ici, l’Etat a noyé des Algériens » !

lundi 18 octobre

Ce dimanche se tenaient à Paris et dans différentes villes de France comme Bordeaux, Lyon, Toulouse, Lille ou Marseille des mobilisations hommage aux victimes du massacre du 17 octobre 1961.

Aux commémorations indécentes du préfet Didier Lallement le matin, les milliers de manifestants qui ont défilé à Paris ont opposé hier après-midi des slogans pointant directement la responsabilité de l’État français dans l’assassinat de 200 Algériens tués et noyés il y a soixante ans. « 17 octobre 61, on n’oublie pas, on pardonne pas » ont scandé à l’unisson des dizaines de cortèges à l’appel de plusieurs organisations de défense des droits démocratiques.

Le cortège de plusieurs milliers de personnes s’est élancé des Grands Boulevards au niveau du Grand Rex, où un Algérien avait été tué par la police alors qu’il sortait d’une séance de cinéma, les cervicales brisées par les coups de matraque. Drapeaux algériens, pancartes sur la responsabilité de l’État français au-delà de la figure du préfet Papon, et slogans tels que « Anticolonialisme, anti-impérialisme » ou « Ici, on a noyé des Algériens » ont rythmé la manifestation de commémoration. Les manifestants, gerbes de fleurs à la main, ont ainsi défilé jusque devant la Seine où ils ont ensuite été empêchés d’accéder au pont de commémoration comme chaque année.

Une interdiction autoritaire scandaleuse alors que le matin même, celui qui éborgnait les Gilets jaunes à Bordeaux puis Paris à l’hiver 2018 déposait hypocritement une gerbe de fleurs à Saint Michel. De quoi raviver la blessure du passé pour nombre d’Algériens habitués à commémorer le massacre de leurs ancêtres. Escortés par des policiers en civil, quelques-uns ont finalement pu s’approcher du pont et y déposer les fleurs en hommage aux hommes assassinés il y a 60 ans.

Alors que Macron expliquait il y a quelques jours que « l’Algérie n’existait pas comme nation avant la colonisation française » pour justifier les crimes coloniaux de l’Etat français et que l’Elysée publiait un communiquait pointant la responsabilité personnelle de Maurice Papon dans les crimes du 17 octobre 1961 pour masquer celle de De Gaulle, cette manifestation était aussi l’occasion de faire le lien avec les violences policières dans les quartiers, la politique raciste et islamophobe du gouvernement aux travers des lois séparatisme et sécurité globale, mais aussi la complicité de Macron dans la répression du mouvement populaire en Algérie comme le scandaient les manifestants : « Généraux criminels, Macron complice » !




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