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Qui paie la crise ?

Inflation : les salaires réels en chute libre, les plus précaires et les étudiants en première ligne

Alors que l'inflation a atteint plus de 6%, les augmentations de salaires consenties par les entreprises ne dépassent pas 3,5% en moyenne et ne compensent pas la hausse des prix des produits de première nécessité. En première ligne face à l'inflation record : les bas salaires et les étudiants.

mardi 16 août

Credit photo : AFP

6,1% d’inflation VS 3,5% d’augmentations de salaire en moyenne : les étudiants et les bas salaires en première ligne face à la crise

Selon la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares), l’inflation a atteint 6,1% sur un an, en juillet 2022. Malgré des hausses éparses des salaires consenties par des entreprises du secteur privé au second trimestre, les salaires réels baissent. En effet, ces augmentations ne compensent absolument pas l’inflation record actuelle.

Les salaires réels – soit la proportion entre le revenu disponible et l’indice des prix –baissent drastiquement, ce qui se répercute directement sur la possibilité des plus précaires à avoir accès aux produits de première nécessité. Les revalorisations qui s’élèvent en moyenne à 3,5% sur un an pour les plus bas salaires, ne leur permettent toujours pas de compenser l’inflation de 6% sur la période. En tenant compte de l’inflation, on observe ainsi que les salaires réels diminuent notamment dans les secteurs de la construction et de l’industrie.

Ces diminutions touchent en premier les plus précaires, d’autant plus que l’inflation est la plus forte sur les prix des produits de première nécessité. Par exemple, sur un an, le beurre a augmenté de 10,62%, les yaourts de 7,68%, les steaks hachés de 19,33%, rapporte France Info.

Les étudiants sont également particulièrement touchés. Dans une enquête, l’UNEF constate ainsi une augmentation du coût de la vie étudiante de 6,47% en un an soit des dépenses supplémentaires de 428,22 euros par an.

Une crise qui se généralise à l’ensemble du monde du travail

Même les secteurs traditionnellement épargnés sont touchés par la crise et l’inflation record. En effet, la baisse du salaire réel atteint 2,9% dans le secteur tertiaire soit presque autant que dans les secteurs de l’industrie et de la construction qui connaissent respectivement une baisse de 3,1% et 3,3%.

Construire le rapport de force pour l’augmentation des salaires : mais que font les directions syndicales ?

Alors que la hausse des prix n’en finit pas et que les salaires ne suivent pas, la colère monte et certains secteurs se mettent en grève comme les salariés de l’aéroport de Roissy au début du mois de juillet. Toutefois ces grèves locales restent pour l’instant isolées. Or pour obtenir une augmentation générale des salaires au moins à hauteur de l’inflation, il est impossible de construire le rapport de force en se contentant de grèves éparpillées.

Il est donc nécessaire de coordonner la colère à la base pour construire le rapport de force avec un mouvement d’ensemble au niveau national. A ce titre, il faut exiger des directions syndicales qu’elles cessent d’entretenir les illusions d’un possible « dialogue social » avec Macron et le patronat, et de construire un plan de bataille à la hauteur pour l’augmentation générale des salaires et leur indexation sur l’inflation, ainsi que le gel des prix des produits de premières nécessité comme le gaz et l’électricité.



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