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Urgence climatique

Inde. Une vague de chaleur historique écrase le pays

L’Inde connaît des températures extrêmes entraînant pénuries, incendies, augmentation de la pollution… Cette vague de sécheresse, produit de la crise climatique, a des conséquences dramatiques, notamment pour les populations les plus précaires.

vendredi 29 avril

Crédits photo : RUPAK DE CHOWDHURI / REUTERS

Depuis le mois de mars, l’Inde et notamment les régions du Nord comme le Rajasthan, le Madhya Pradesh et l’Himachal Pradesh, dans l’Himalaya, souffrent d’une vague de chaleur extrême, difficilement supportable et qui ne fait que s’accentuer. Des températures records jamais enregistrées depuis 1946 pour le mois de mars ont été relevées à Delhi avec 40,1 °C, tandis que le mercure devait monter jusqu’à 47°C à Jacobabad et 46°C à Delhi ce 28 avril. Et la situation ne risque pas de s’arranger pour le moment, au contraire les météorologues du gouvernement indien avertissent d’une possible aggravation de la situation dans certains États.

Cette vague de chaleur impacte directement la population qui en subit les conséquences directes avec des conditions invivables, mais aussi des pénuries, des incendies, l’augmentation de la pollution du pays... D’autant qu’une grande partie de la population de l’Inde vit déjà dans des conditions précaires, avec notamment d’importants bidonvilles où l’accès à l’eau reste difficile, et les fortes chaleurs exacerbent cette précarité, renforçant les inégalités sociales.

Les températures extrêmes ont par ailleurs poussé le pays dans une crise énergétique du fait d’une pénurie de charbon face à la forte demande des centrales thermiques, le pays atteignant alors un record de demande d’électricité.

L’accroissement de la pollution de l’air en constitue une autre conséquence, puisque la sécheresse a entraîné des départs de feu dans les deux plus grandes décharges à ciel ouvert de la capitale dont les fumées toxiques se répandent sur Delhi.

Et la sécheresse a également entraîné d’importants dégâts agricoles : « Dans les campagnes, au Pendjab, en Haryana, les deux principaux producteurs de blé du pays, les autorités estiment qu’entre 20 % et 25 % de la récolte a été perdue. La canicule est arrivée au moment où la culture était en phase de maturation avancée, provoquant le flétrissement des grains », précise Le Monde. Avant de souligner les conséquences sociales dramatiques pour les populations sur place, « chaque année, des paysans du Rajasthan de plus en plus nombreux migrent vers les pays du Golfe pour trouver un travail parce que les champs ne nourrissent plus leur famille ». Une situation d’autant plus inquiétante que la guerre en Ukraine menace déjà l’approvisionnement en blé. « Je ne sais pas si l’Inde sera en mesure de répondre à la demande d’exportation car cela va créer des problèmes au niveau de l’offre intérieure, avec la hausse des prix du blé », expliquait à ce sujet Harish Damodaran, du Centre for Policy Research de Dehli.

Alors que 2021 était déjà considérée comme la 5ème année la plus chaude de l’histoire, le dernier rapport du GIEC alarme quant aux températures qui continuent d’augmenter (+1,09°C) et qui impactent les populations à travers le monde, tout particulièrement les populations les plus vulnérables. La crise climatique est une urgence, ces vagues de chaleur le montrent une fois de plus : elle ne fait que se renforcer du fait d’un système capitaliste qui recherche toujours plus de profits, aux dépens de nos vies et de la planète.



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