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Impunité : une plainte pour viol sur mineure contre Nicolas Hulot classée sans suite pour prescription

Ce lundi, le Parquet a classé sans suite l'enquête qui visait Nicolas Hulot suite à la plainte d'une femme dénonçant un viol sur mineure commis en 1989. C'est la deuxième fois que l'ex-ministre, dont Schiappa avait assuré l'impunité au gouvernement, bénéficie de la prescription.

lundi 12 septembre

Alors que Nicolas Hulot fait l’objet depuis novembre 2021 d’une plainte pour viol sur mineure pour des faits commis en 1989, l’enquête le visant a aujourd’hui été classée sans suite par le parquet de Paris a annoncé l’AFP.

Dans l’émission Envoyé spécial diffusée le 25 novembre 2021, la femme ayant été victime de Nicolas Hulot en 1989 avait témoigné à visage découvert. A l’époque les journalistes et la victime soulignaient déjà que ces faits étaient prescrits par la loi, la prescription pour des faits de violences sexuelles courant désormais jusqu’à 30 ans.

Dans l’émission, Sylvia témoignait d’un viol commis en 1989 par Nicolas Hulot dans un parking alors qu’elle avait 16 ans : « Il s’arrête après, sur un parking à ciel ouvert, on n’est pas dans un souterrain, on est dans un parking aérien. Et là, il sort son sexe. (...) Il me force à faire une fellation, que je ne fais pas réellement parce que je suis tétanisée. » et « comme je suis fan de lui, je n’arrive pas à me dire que c’est mal. »

Ces faits, qui montrent comment le présentateur a profité de sa popularité et de sa position sociale pour imposer un acte sexuel à une jeune fille, constituait une des nombreuses accusations de violences sexistes et sexuelles visant Nicolas Hulot. Celui-ci a en effet déjà fait l’objet d’une plainte pour viol pour des faits commis en 1998 sur Pascale Mitterrand. La plainte déposée en 2008 avait elle aussi été classée sans suite en raison des délais de prescription (de 20 ans au moment de la plainte).

A cela s’ajoutent de nombreux témoignages rapportant des faits de violences sexistes et sexuelles et assurant que l’entourage professionnel et politique de Nicolas Hulot « savait ». Une omerta à laquelle a également pris une part active le gouvernement, à commencer par Marlène Schiappa, qui monte au créneau en 2018 pour défendre le ministre et rédige les axes d’une tribune de soutien intitulée Pourquoi les accusateurs de Nicolas Hulot bafouent la parole des femmes.

Avec la complicité du gouvernement et de l’Etat, Nicolas Hulot reste donc pour le moment innocent en dépit des témoignages de femmes le visant. Le traitement de ces affaires et l’ensemble des révélations divulguées ces dernières années montrent que, face aux violences sexistes et sexuelles, aucune confiance ne peut être accordée à l’État et ses institutions qui perpétuent ces violences et en garantissent l’impunité.



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