^

Notre classe

Raffineries à l'arrêt

« Il faut un plan de bataille d’urgence » : les grévistes de Total reconduisent sur plusieurs sites

La grève devait originellement durer trois jours, d’après les appels de la CGT. Mais de nombreuses unités ont décidé de reconduire la grève ce vendredi, limitant de 61 % la capacité de raffinage en métropole.

vendredi 30 septembre

Crédits photos : PHILIPPE HUGUEN / AFP

L’appel aux trois jours de grève aura finalement été un appel à une grève illimitée pour de nombreux sites Total en France. Les grévistes, qui réclament 10% d’augmentation au titre du rattrapage de l’inflation 2021 et 2022 ont reconduit la grève dans plusieurs dépôts pétroliers et raffineries.

La grève est ainsi particulièrement suivie sur les raffineries de Normandie et de Feyzin, non loin de Lyon. Au total, quatre raffineries sont donc à l’arrêt, en comptant les deux sites d’Exxonmobil-Esso. Au total, c’est 61% des capacités de raffinages du territoire métropolitain qui sont donc à l’arrêt. En Normandie, le dépôt de carburant d’Oudalle est toujours en grève reconductible et l’arrêt des unités est en cours.

Du côté du site Total-Normandie, les activités hydrogènes ont été « mis à la torche », c’est-à-dire brûlés, ce qui représente près de 15 000€ par jour. Sur le site de Carling (Moselle), qui produit notamment des résines utilisées dans l’automobile, des produits à haute valeur ajoutée, le site est lui aussi à l’arrêt.

Du côté de Marseille, la raffinerie de la Mède, qui fabrique notamment des biodiesels, a vu aussi la grève être reconduite, tout comme à Feyzin, où l’activité raffinerie est à l’arrêt (suite à un incident il y a deux semaines) mais où un bras de fer est engagé entre la direction et les grévistes pour fermer le vapocraqueur, une unité fabriquant de l’éthylène et du propylène, base de l’industrie plastique.

Deux autres unités (aromatique et alkylation) ont par ailleurs été arrêtées, et la grève est reconduite jusqu’au 1er octobre 6 heures. Nationalement, c’est donc une grève qui s’installe dans la durée dans la pétrochimie, avec Total qui rejoint Exxonmobil dans une grève pour les salaires.

Pour les suites, Adrien Cornet, de la CGT Total a son idée pour le mouvement : « il va falloir qu’on embraye sur des assemblées générales. De toute façon, les raffineries à l’arrêt, elles ne vont pas redémarrer demain, c’est parti pour durer, au moins dix jours. Il faut battre le fer tant qu’il est encore chaud, et organiser le plan de bataille d’urgence, organiser des AG, unissant les travailleurs à la base qu’ils soient syndiqués ou non. Il nous faut coordonner à la base les travailleurs ». Se coordonner, amplifier le mouvement : des processus qui sont déjà en cours et qui doivent se généraliser.



Mots-clés

Salaires   /    Inflation   /    Pétrochimie   /    Piquet de grève   /    Total   /    Grève   /    Grèves raffineries    /    Notre classe