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Notre classe

Grève à la BNF !

Grève sur le site F. Mitterrand suite au suicide d’un salarié et contre la dégradation des conditions de travail

Une première journée de grève a eu lieu aujourd'hui sur le site Francois Mitterrand de la BNF. Ce mouvement, qui a conduit à la fermeture d'une des entrées, fait suite au suicide sur son lieu de travail d'un salarié la semaine dernière, face auquel les travailleurs dénoncent des conditions de travail dégradées et l'insuffisance des moyens médicaux pour les salariés.

lundi 10 août

Crédits photos : Crédit KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Une première journée de grève a eu lieu aujourd’hui sur le site François Mitterrand de la BNF ce lundi 10 août, suite au suicide d’un salarié sur son lieu de travail. Nous relayons ici le tract de l’Intersyndicale FSU – SUD Culture de la BnF, ainsi que le préavis de grève déposé par Sud Culture Solidaires.

Tract de l’Intersyndicale FSU – SUD Culture de la BnF

Nous avons appris lundi dernier le suicide d’un de nos collègues dans le jardin du site François Mitterrand.

Cette tragédie est un choc terrible pour l’ensemble des agent-es de l’établissement qui entraîne tristesse, colère et incompréhension.

Car elle touche l’un des nôtres aujourd’hui : le corps entier de l’établissement ne peut qu’être affecté par cette perte et par ses circonstances violentes et chacun-e de nous se sent solidaire de ses collègues proches dont l’émotion est grande. Nous somme partagé-es entre une profonde tristesse et une colère légitime face à ce que nous refusons de considérer comme une fatalité.

Car elle intervient sur le lieu de travail. Se donner la mort est toujours une terrible extrémité dont les motivations sont complexes et difficilement réductibles à un seul facteur. Mais nous savons que passer à l’acte sur son lieu de travail est toujours symptomatique d’un mal-être lié à l’environnement professionnel. Nous savons aussi que cet environnement se dégrade d’année en année et qu’il est facteur de stress, d’angoisses, de dépression. Malgré les nombreuses alertes sur l’insuffisance de la prévention des risques psycho-sociaux et une pression managériale toujours croissante, nous déplorons le peu de moyens mis en œuvre par l’établissement pour préserver la santé et garantir la sécurité des agent-es dont il a la responsabilité. Ne sommes-nous que de simples « ressources humaines », des outils qui cassent parfois de façon inéluctable et qu’on remplace par d’autres qu’on utilisera avec la même absence de précaution ?

Car elle s’inscrit dans une longue et funeste série de chutes volontaires ou accidentelles dont la BnF est le théâtre depuis une décennie et qui s’intensifie de façon inquiétante ces dernières années.

Sur la dernière décennie, la BnF a été le lieu de 11 chutes dont la majorité volontaires et ayant entraîné la mort. La direction a été interpellée par les organisations syndicales à plusieurs reprises depuis 2015 sur l’urgence de mettre en place un dispositif de sécurité efficace pour empêcher de nouveaux drames. Les raisons de la stagnation d’une réelle sécurisation des espaces sont inacceptables : manque de moyens face à un coût des installations nécessaires et atteinte à l’esthétique du projet architectural. Mais quel coût est donc acceptable pour préserver des vies ?

En chaque nouveau drame résonnent les précédents et cette macabre répétition affecte toujours un peu plus la santé morale des agent-es, en particulier de celles et ceux qui ont le malheur d’assister à la violence de ces drames. La réaction de la BnF et du Ministère de la Culture ne peut se résumer à une attitude compassée et à quelques gestes de soutien dans la crise. Des mesures efficaces doivent être prises en urgence.

Pour que plus jamais cela n’arrive et pour la mémoire de notre collègue, nous décrétons ce lundi 10 août, jour de deuil à la BnF et appelons tou-tes les agent-es à faire GREVE pour exprimer leur désarroi, leur tristesse, leur colère.

Préavis de grève déposé par Sud Culture Solidaires

Madame Engel,

SUD Culture Solidaires dépose un préavis de grève couvrant l’ensemble du personnel de la Bibliothèque nationale de France à compter du lundi 10 août début de service au 30 septembre inclus, fin de service.

Dans le contexte du suicide d’un agent du DEP intervenu le lundi 3 août 2020 dans l’emprise de la BnF, des alertes nombreuses de notre organisation syndicale concernant le mal-être des personnels, de leur colère légitime face une reprise d’activité chaotique, après une période de confinement déjà éprouvante pour tout.es, reprise qui n’a généré que désorganisation et souffrance au travail et dans un contexte plus général d’attaque des droits des travailleurs.ses, de casse de la fonction publique et d’une violence sociale toujours plus forte, la section SUD Culture de la BnF revendique :

  • L’accélération de la mise en œuvre effective d’un dispositif physique anti-suicide, l’amélioration de la procédure de gestion des suicides et des chutes accidentelles
  • Un service médical doté d’effectifs complets dans les plus brefs délais : deux médecins à plein temps, quatre infirmier.e.s et un.e secrétaire
  • La mise en place d’un réel plan de prévention de la souffrance au travail et des risques psycho-sociaux doté des moyens conséquents
  • Le retour à une jauge de 50% des salles de lecture, la condamnation d’une place sur deux, la fermeture des espaces de reprographie, la mise en place réelle des horaires décalés pour tout.es les agent.es qui le souhaitent, le maintien des agent.es en télétravail ou ASA pour les personnes vulnérables ou proches de personnes vulnérables.
  • Aucune suppression de postes et un renforcement des effectifs.

Veuillez agréer, madame Engel, nos sincères salutations syndicalistes.

Vous participez à cette grève ? Contactez-nous si vous souhaitez témoigner pour Révolution Permanente ou nous soumettre un texte pour publication !




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