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Notre classe

Grève des travailleurs sociaux et médico-sociaux : « Il faut augmenter le rapport de force »

Ce mardi, à l’initiative de différents syndicats, l’ensemble des travailleurs du social et du médico-social étaient appelés à la grève partout en France. « Les oubliés du Ségur » continuent de dénoncer le manque de moyens humains, la précarisation et la déconsidération de leur métier.

mercredi 30 novembre 2022

C’est devant l’Hôtel de région que les travailleurs du social et médico-social bordelais se sont donnés rendez-vous. Mobilisés à l’appel de la CGT, de Sud Santé Sociaux, du FSU, du SNUASFP et d’autres organisations du secteur, ils demandent une revalorisation de salaire d’au moins 400 euros, l’extension des 183 euros du Ségur à l’ensemble des professionnels du secteur, ainsi que des embauches massives et l’ouverture de nouveaux services.

En effet, les travailleurs.ses du handicap, de la protection à l’enfance, de l’insertion sociale, ou encore les étudiants du secteur étaient déjà mobilisés post-Covid mais n’avaient pas obtenu satisfaction. Aujourd’hui, ils subissent de plein fouet l’inflation, alors qu’ils se trouvent déjà très précarisés. Joy, en formation BPJEPS (Brevet Professionnel de la jeunesse, de l’Education Populaire et du Sport), témoigne : « Notre métier n’est pas valorisé, il est très mal payé. Avec mon nouveau contrat je vais me retrouver avec à peine 800€ par mois. »

Au micro de Révolution Permanente, elle explique que malgré son envie de s’investir « par passion » dans son métier, elle va voir son contrat réduit dès l’obtention de son diplôme : « Je suis à un mois d’avoir mon diplôme, ma structure souhaite m’embaucher par la suite, mais on n’a tellement plus de subvention que je vais passer de 35h à 21h semaine. Il n’y a même plus de missions culturelles dans mon contrat. Il y a plein d’actions qu’on va devoir arrêter avec les habitants, on va devoir faire avec les moyens du bord... »

Car les moyens octroyés au social et au médico-social sont plus qu’insuffisants. Le secteur « n’arrive plus à assurer ses missions de premières nécessités pour la population » nous confie Joy, « car [l’Etat] ne subventionne plus la culture, et plus le social ».

Du fait du manque de moyens, provoquant des salaires stagnants et la multiplication des contrats précaires, ce secteur a connu une désertification de son personnel ces derniers mois. Selon Nexem, fédération d’employeurs associatifs dans le secteur social et médico-social et sanitaire, ce n’est pas moins de 50 000 postes qui sont vacants sur 850 000 au total.

Dans ces conditions, Joy affirme que « C’est important de faire grève pour faire entendre notre voix. Nos conditions de travail sont compliquées alors qu’il y’a de plus en plus de besoins de nos publics. »

« Il faut augmenter le rapport de force » scandait un travailleur du médico-social dès la fin du rassemblement. Celui-ci appelait dès à présent l’ensemble de ses collègues présents sur place à continuer les actions et mobilisations pour « faire plier le gouvernement et obtenir l’ensemble de [leurs] revendications ».



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