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Grève pour les salaires !

Grève dans les centrales nucléaires : « on revendique l’indexation des salaires sur l’inflation »

Ce jeudi 6 octobre, les agents des industries de l’électricité et du gaz sont appelés à une journée nationale de grève par l’intersyndicale. Alors que le mouvement a déjà commencé depuis plusieurs jours sur différents sites, autour de la question des salaires, la journée de grève nationale pourrait servir de point d’appui à une lutte unitaire et coordonnée.

Théo Agapé

5 octobre 2022

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A l’appel de l’intersyndicale, CGT- CFE-CGC/Unsa et CFDT, l’ensemble des agents du parc nucléaire français sont invités à participer à un mouvement de grève nationale ce jeudi pour exiger une augmentation significative du SNB (Salaire Nationale de Base).

Pour cause, les travailleurs de la branche des IEG (industries de l’énergie et du gaz) font face à une stagnation de leur salaire depuis plus de 10 ans nous explique Charles, chimiste à la centrale de Nogent-sur-Seine et délégué syndical CGT : « cela fait des années que nos salaires n’augmentent pas, ou alors c’est des augmentations de 0,1% ou 0,2%, ce qui est insuffisant ».

Après de nouvelles négociations en début d’année, c’est d’abord une augmentation de 0,3% qui a été obtenue en janvier dernier, puis 1% au mois d’octobre. Des augmentations au goût amer pour les salariés alors que le groupe EDF se targue d’un chiffre d’affaires de 84,5 milliards en 2021 avec un Ebitba (rentabilité du processus d’exploitation) de 18 milliards d’euros.

C’est donc dans un contexte inflationniste inédit, autour de 5,6% sur un an au mois de septembre, qui continue en réalité de rogner sur les salaires, que les agents de l’énergie seront en lutte ce jeudi. Par ailleurs, « c’est un mouvement de grève qui a déjà commencé sur certains sites » revendique Charles, qui explique que « depuis fin août, des mouvements de grève reconductibles sont enclenchés sur différents sites. A Nogent-sur-Seine, la lutte a déjà commencé depuis jeudi dernier en reconductible avec une participation importante des agents ». De plus, le délégué syndical CGT annonce que « 12 sites sur 19 sont, ou seront impactés par les grèves actuelles » et qu’il « voit une mobilisation jamais connue depuis la loi travail en 2016 ».

Au micro de Révolution Permanente, le chimiste raconte comment les travailleurs de son site à Nogent-sur-Seine, qui regroupe 770 salariés ainsi que 350 sous-traitants, organisent la grève : « On se rassemble entre collègue pour faire des assemblées générales ou tout le monde participe pour voter et décider des suites du mouvement ». Localement, c’est grâce une réduction significative de la production d’un des réacteurs, qui a été divisée par deux (-750MW), que les salariés instaurent un rapport de force avec la direction. « Malgré des baisses de productions liées au mouvement de grève, notre priorité et notre responsabilité restent de garantir la sécurité du site » a tenu à nous préciser Charles.

Même si la question des salaires concentre le cœur de la bataille des agents aujourd’hui, la lutte est également l’occasion de revendiquer une autre façon de produire l’énergie. Alors que le gouvernement s’est félicité de la “re-nationalisation d’EDF”, qui en réalité n’est qu’un vaste écran de fumé qui cache la nationalisation des pertes et la privatisation des profits,le délégué syndical CGT y oppose une toute autre vision : « Déjà les bénéficiaires comme les salariés sont impactés par la gestion capitaliste de l’énergie. Ça devrait être public partout, nous on dénonce ce fonctionnement en sous-traitance aussi. En plus, le prix de l’électricité ne devrait pas augmenter, il augmente à cause de la spéculation, les prix sont artificiels ! On veut une énergie nationalisée au service des citoyens avec une gestion par les travailleurs et les citoyens eux-mêmes. »

Enfin, face à une inflation sans précédent, et à rebours des promesses d’austérité du gouvernement contre la crise énergétique, Charles met en avant « l’indexation des salaires sur l’inflation revendiquée avec la CGT énergie ». En effet, alors que les augmentations des prix sont parties pour durer et empirer, les hausses de salaires ponctuelles ne peuvent suffire. our assurer que les salaires ne soient pas mangés par la hausse des prix, leur indexation sur l’inflation chaque mois apparait comme une revendication majeure dans une période économique plus qu’instable.

Si aujourd’hui les velléités de luttes de la part des travailleurs ne sont plus à démontrer, comme en témoigne les grèves dans la pétrochimie comme chez Total et ExxonMobil, il y a plus que jamais la nécessité de coordonner l’ensemble de ces luttes pour les salaires autour d’un plan de bataille unitaire, par les travailleurs eux-mêmes, qui permette d’instaurer un réel rapport de force face au patronat et au gouvernement.


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