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Notre classe

À l'aube de la deuxième vague

Grève chez Biofusion. Pour un un service de dépistage de qualité et accessible à toutes et tous !

En grève depuis mardi dernier, une centaine de salariés des laboratoires BIOFUSION qui pratiquent les tests Covid se sont réunis ce matin à Montauban pour décider des suites de leur lutte. Point d’étape sur une grève qui reflète l’impasse de la politique sanitaire du gouvernement et que nous avons toutes et tous intérêt à soutenir, pour un service de dépistage de qualité et accessible à chacun !

mardi 22 septembre

Une mobilisation réussie
Après presqu’une semaine de grève reconductible, la détermination était toujours au rendez-vous ce matin, devant le plateau technique de Montauban où sont centralisés les prélèvements Covid réalisés dans la région. Unissant salariés syndiqués FO CGT et CFDT ainsi que des salariés non-syndiqués autour des mêmes revendications, l’assemblée générale a affirmé sa volonté de poursuivre le combat, non seulement pour l’obtention d’une prime Covid à hauteur de 1000e que la direction s’est déjà dit prête à verser, mais aussi pour une augmentation de salaires à hauteur de 10% pour l’ensemble des salariés de Biofusion. Suite à l’AG, les salariés ont manifesté jusqu’à l’inspection du travail. Au cours des négociations qui se sont tenues cet après-midi, la direction a renouvelé son mépris en proposant une série d’aménagements minimes pour contourner la demande de revalorisation des salaires. Affaire à suivre donc.

L’impasse de la politique sanitaire du gouvernement

Si les salariés se sont mis en grève mardi dernier, c’est en premier lieu en réaction au mépris de la direction du groupe qui a jugé opportun de « récompenser » l’effort considérable fourni par ces travailleuses et travailleurs de première ligne de la crise sanitaire avec une « prime » de 250e, alors que 1000e avaient été annoncés par le gouvernement. « On se moque de nous ! On se donne à 3000 % et ils nous donnent 250e alors que c’est une entreprise qui marche très bien  », nous confiait l’une des salariées dans un entretien.

Au-delà de la question de la prime qui a été l’élément déclencheur, c’est bien la dégradation des conditions de travail due à la gestion erratique de la crise sanitaire par le gouvernement et le patronat qui est au coeur de cette grève. En effet, alors que les tests manquaient pendant le pic épidémique, justifiant une baisse d’activité lorsqu’elle était nécessaire allant jusqu’à la mise au chômage partiel d’une partie des salariés pourtant qualifiés en ce qui concerne le dépistage, les salariés de Biofusion ont dû tout à coup effectuer jusqu’à 5 000 tests par jour dans certains centres, sans augmentation adéquate des moyens matériels et humains. "J’ai été surprise d’avoir été mise de côté pendant le confinement, ils m’ont mise en chômage technique total, j’ai eu 16% de perte de salaires", raconte l’une des gréviste interviewée par Révolution Permanente. Une autre témoigne : "Le gouvernement fait des annonces, mais en fait il ne sait pas du tout comment ça peut être mis en place en pratique dans les laboratoires. Dire qu’il va y avoir des gens prioritaires, c’est bien gentil, mais en pratique ça ne rime à rien. [...] On fait des dépistages sauvages, on doit parfois les faire dedans même si le drive est dehors, avec les risques sanitaires que cela implique. [...] Le test Covid n’est pas organisé". De ce fait, la campagne de « dépistage massif » annoncée par le gouvernement ne peut être menée à bien sur le terrain, provoquant une surcharge de travail du côté des salariés et un accès de plus en plus limité aux tests du côté des usagers, qui sont de plus en plus nombreux à devoir attendre pour se faire dépister puis pour obtenir les résultats avec l’angoisse que cela implique. Comme le raconte Mireille, les salariés de Biofusion qui sont principalement des femmes, dont de nombreuses mères isolées avec des pettis salaires, ont "subi beaucoup de pression par rapport aux stocks de matériel, pour avoir le matériel à temps, beaucoup de surcharge de travail, de fatigue, presque jusqu’au burnout."

Une grève dans l’intérêt de tous les usagers !
En ce sens, soutenir la grève des salariés des laboratoires d’analyse c’est lutter pour un service de dépistage réalisé dans des conditions de travail dignes, à même de permettre la réalisation de soins de qualité, gratuits et accessible à toutes et tous. "Il faut y aller franchement, on prend tout le monde et on teste tout le monde. Le problème c’est qu’on n’a pas le matériel nécessaire pour tester tout le monde : il nous faut plus de machines. Il faut investir dans ces appareils, parce que c’est ça la priorité", souligne l’une des grévistes.

Dans le contexte actuel, alors qu’une deuxième vague de Covid commence à se manifester avec un nombre de clusters en augmentation en raison de la reprise du travail et des études, la victoire de la grève de Biofusion serait un point d’appui important pour une bataille plus large contre une gestion de crise dictée par les profits des grandes entreprises telles que Biofusion, à même d’unifier différents secteurs autour de la revendication d’un plan de dépistage massif, articulé à des moyens adaptés à la situation en termes matériels et en termes d’embauches dans le secteur de la santé. À ce titre, puisque les directions syndicales ne proposent aucune perspective d’ensemble face à la situation de crise que nous traversons, à l’image de la mobilisation du 17 septembre dernier, les salariés ne peuvent compter que sur eux-mêmes pour imposer un tel plan de bataille, qui tende en l’occurence vers l’extension de la grève aux autres laboratoires et à d’autres secteurs, tels que celui de l’aéronautique qui s’organise dans la région toulousaine pour faire face à la crise.




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