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Politique

Trop couvertes ou pas assez, c’est aux femmes de décider !

Grenoble. Les Verts envoient la police réprimer des femmes en burkinis dans une piscine

Mercredi dernier, à l’initiative de l’organisation Alliance Citoyenne, des femmes sont allées se baigner en burkini dans une piscine publique de Grenoble malgré l'interdiction. Le maire EELV a répondu en envoyant la police réprimer ces femmes, pour décider à leur place ce qu'elles ont le droit de porter ou non.

mercredi 4 août

Crédits photo : JEAN-PIERRE CLATOT / AFP

Depuis trois ans, chaque été, les militantes de l’organisation Alliance Citoyenne mènent des actions dans les piscines grenobloises contre l’interdiction des burkinis en se baignant habillées du maillot de bain couvrant, ignorant l’interdiction. Depuis le 17 mai 2019, la première action menée, elles ne parviennent pas toujours à entrer et se baigner dans les piscines, empêchées par le personnel et la police, la dernière réussite date du 22 juillet dernier.

Par ces “opérations burkini”, les militantes prônent la “désobéissance civile” et interpellent le maire Eric Piolle (EELV) pour “rendre visible une injustice et rendre le statu quo plus difficile à tenir”. Sur facebook, certaines témoignent : ““C’était 20 minutes de bonheur. Les gens nous ont applaudi quand on est entrées dans l’eau avec nos maillots de bain couvrants” explique Naïma qui a pu se baigner dans une piscine publique pour la 1ère fois depuis 10 ans”.

Ce 28 juillet, elles ont réitéré l’opération burkini, mais le maire Eric Piolle a répondu par la force, comme nous pouvons le lire dans leur communiqué : “11 policiers nationaux suréquipés (gazeuse à la main, armes à la ceinture) , 3 policiers municipaux, 2 fourgons de police, 1 camionnette de police municipale, 3 maîtres-nageurs et la Cheffe du Service des Sports de Grenoble pour empêcher les 8 femmes qui souhaitent se baigner en maillot de bain couvrant et leurs 10 allié.e.s d’entrer dans la piscine de Jean Bron.” Malgré la forte répression depuis la pétition lancée en 2018, ces militantes restent déterminées à obtenir le droit de se baigner dans une piscine publique. “C’est sûr que c’est impressionnant. Mais ça me donne de la force. On va continuer. On n’attendra pas l’été prochain pour se baigner”.

Trop couvertes ou pas assez, c’est aux femmes de décider

Comme elles l’expliquent dans leur communiqué, les militantes "réclament le droit de choisir leur maillot de bain, maillot de bain couvrant, à manches longues, à manches courtes ou encore en topless ". Elles dénoncent ces règlements discriminants et privent de nombreuses femmes et familles de pouvoir profiter des piscines de la ville. « La mairie nous demande d’attendre. Encore un été privé d’accès aux piscines publiques. Et nos enfants qui doivent être accompagnés par un adulte pour aller à la piscine sont aussi pénalisés quand leur mère est privée d’accès ».

L’interdiction du burkini est justifiée par des “raisons d’hygiène”, tout en prônant une pseudo égalité homme-femme. Hors, interdire l’accès des espaces publics à certaines femmes car elles portent le voile n’a rien d’une mesure pour l’égalité. Sous couvert d’antisexisme, ces mesures discriminantes reviennent à la même chose que l’interdiction du crop top au collège : le gouvernement se permet de décider à la place des femmes ce qu’elles ont le droit de porter ou non, que ce soit trop court ou trop long !

Comme il l’a montré ces dernières années, le gouvernement Macron ne risque pas d’être capable de mettre en place des mesures qui répondent aux revendications des militantes. Avec comme ministre de l’intérieur, un homme accusé de viol, ou encore la volonté de privatiser le numéro d’écoute pour les femmes victimes de violences, le gouvernement montre plus son mépris pour les droits des femmes plutôt que son engagement féministe. Nous ne pouvons rien attendre d’un tel gouvernement qui stigmatise les femmes musulmanes et les discrimine, en plus de les réprimer si elles s’expriment. C’est avec l’auto-organisation des femmes, les premières concernées et les seules à pouvoir décider pour leur corps, que nous devons faire face à ces attaques islamophobes et sexistes.

Les verts cèdent à la pression islamophobe sous couvert d’antisexisme

Si nous ne pouvons pas faire confiance à Macron pour défendre les droits des femmes, nous ne pouvons pas non plus faire confiance à la gauche française. Eric Piolle s’est bien empressé de le démontrer en ordonnant cette descente de police pour empêcher des femmes de profiter de la piscine municipale.

Elu avec la liste Europe Ecologie Les Verts (EELV), le maire de Grenoble, Eric Piolle, a très vite cédé à la pression islamophobe en ayant recourt aux même méthodes que Macron, celles applaudies par le Rassemblement National. A l’image de la suspension de deux Imams dont Darmanin s’est vanté sur Twitter la semaine dernière.

Candidat à la présidentielle 2022, Eric Piolle s’inscrit dans ces attaques islamophobes alors qu’il représente l’aile gauche du parti EELV. Si aujourd’hui il envoie la police réprimer violemment : “L’un d’eux m’a bousculé, et m’a presque arraché le bras !” ; “Un agent m’a poussé violemment”, pour empêcher des femmes de se baigner dans des vêtements qu’elles ont choisi, à quoi devons-nous nous attendre s’il est élu président ? Nous ne pouvons plus avoir d’illusions sur cette gauche islamophobe qui se protège, elle aussi, avec des discours antisexistes.




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