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Fusillade aux États-Unis. 6 morts et 26 blessés lors d’un nouveau drame près de Chicago

Au moins 6 personnes sont mortes et 26 autres ont été blessées pendant une fusillade survenue durant le défilé pour le jour de l’indépendance des États-Unis ce 4 juillet à Highland Park, près de Chicago. Un drame qui est le produit d'un pays armé jusqu'aux dents.

mardi 5 juillet

Photo d’illustration : CHANDAN KHANNA / AFP

Durant le défilé du 4 juillet pour le jour de l’indépendance aux États-Unis, une fusillade a fait plus d’une trentaine de victimes, dont 6 morts à Highland Park, ville au nord de Chicago, dans l’Illinois. Le tireur était placé sur le toit d’un commerce pour viser les spectateurs du défilé avec un grand fusil, aurait tiré plus de 70 fois sur la foule avant de s’enfuir. Un suspect, un homme blanc de 22 ans de la région, a été arrêté et placé en détention. L’homme se présente comme étant un musicien sous le nom de « Awake the Rapper » et avait déjà publié des vidéos violentes en ligne reprenant tout l’imaginaire autour des fusillades. Selon un responsable de la police, il aurait préparé son attaque « pendant des semaines »

Ce cas survient seulement quelques semaines après la tuerie dans une école au Texas et illustre le problème systémique de la violence par arme à feu aux États-Unis. Depuis 2001, et l’attentat du 11 septembre, ces drames se sont multipliés, avec le renforcement de la police et du FBI, de la délation au sein de la population et de la surveillance de l’État envers la population sous couvert de « guerre contre le terrorisme ». C’est dans cet État de plus en plus militarisé que l’armement individuel a également connu une croissance, au nom de la « liberté individuelle et du droit inaliénable à détenir et à porter d’armes ». Les incidents liés aux armes à feu ont ainsi connu une hausse ces dernières années, y compris sous l’administration Biden. Rien que cette année, ce sont plus de 300 fusillades qui ont eu lieu, ravivant le débat national autour du contrôle du port d’armes.

Dans ce contexte, le débat sur les armes au sein de la société américaine montre la faillite du gouvernement Biden pour en finir avec la violence par arme à feu, qui est devenue plus fréquente que jamais, et qui avait été l’une des promesses électorales du président actuel. Cette question a ainsi généré des réponses contradictoires le mois dernier, avec à la fois le parlement qui a voté la première loi bipartisane pour restreindre l’accès aux armes à feu et, dans le même temps, la Cour Suprême américaine qui a censuré la législation de l’État de New York qui limitait le port d’armes de poing au domicile. Cette décision, pas anodine, est un précédent juridique qui pourrait venir à toucher d’autres États, s’appuyant sur des interprétations différentes du deuxième amendement et la constitution américaine, qui sauvegarderait le droit à porter d’armes en privé et en public.

Biden s’est dit « choqué » du drame survenu ce lundi et a affirmé vouloir amplifier le contrôle des armes à feu en mettant en avant la loi de restriction du port d’armes : « après plusieurs années d’inaction, les membres bipartisans du congrès sont tombés d’accord à l’appel des familles à travers le pays pour en faire une loi pour résoudre la violence par arme à feu dans nos communautés ». Mais ses déclarations sonnent hypocrites et le drame de ce lundi montre l’incapacité de cette loi à répondre aux causes profondes de tels phénomènes de violence.

Réduire le débat entre une fausse dichotomie qui, d’un côté, sauvegarde le droit individuel au port d’arme et de l’autre, pose la question en termes de restrictions et de contrôle accru du port d’armes, revient à ignorer les racines de la violence qui se trouvent dans le caractère impérialiste des États-Unis. Au-delà des débats au sein même des institutions américaines, les déclarations de Biden sonnent en effet creux quand on voit le tournant militariste de son gouvernement qui, il y a quelques semaines, votait 40 milliards d’aides à l’Ukraine, dont une grande partie doit aller dans des livraisons d’armes et dans des commandes à des fabricants d’armes.

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