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Politique

Islamophobie

Fréjus. Le Maire FN et le procureur cherchent à détruire la nouvelle mosquée

L'islamophobie des institutions étatiques prend de nombreuses formes. Le procureur de la République Mario Agneta a cependant frappé fort mardi dernier. Il a en effet requis la démolition de la mosquée de Fréjus, construite il y a quelques mois à peine, et à laquelle les habitants n'ont toujours pas accès. A. Bronstein

vendredi 27 novembre 2015

Le 24 novembre, le procureur a requis au tribunal correctionnel de Draguignan la démolition de la mosquée de Fréjus. Pour appuyer son propos, Mario Agneta insiste essentiellement sur le fait que le permis de construire (signé en 2011 par l’ancien maire du Fréjus Élie Brun, ex-UMP) n’a pas été délivré dans les règles. En effet, la mosquée a été dans une « zone bleue », c’est à dire exposée à des « risques moindres » d’inondation.

Les membres de l’association El-Fath qui ont financé la construction de la mosquée, ainsi que les avocats des prévenus, soulignent pourtant le fait que depuis des années, les fidèles sont obligés de prier dans des garages ou même à l’extérieur, car il n’existe aucun lieu de culte musulman à moins de 15 kilomètres. Oualid Afras, un fidèle, a expliqué : « Nous sommes la seule association musulmane en France propriétaire de son lieu de culte. Et on veut détruire ce modèle ? C’est politique. À aucun moment le maire de Fréjus n’est venu nous voir ou ne nous a proposé une autre salle. »

En effet, tous les éléments portent à croire que ce n’est pas tant par souci d’urbanisme que par islamophobie, institutionnalisée par la politique extrême-droitisante que mène Hollande, que le procureur et David Rachline, l’actuel maire FN de Fréjus, ont requis la destruction de cette mosquée. Le maire refuse d’ailleurs depuis la fin de la construction de la mosquée que les fidèles y prient, les obligeant à continuer à prier dans des conditions indécentes. Pour preuve, l’avocat qui défend l’association El-Fath a expliqué que le premier acte d’enquête du procureur a été « de faire éplucher le financement de la mosquée : on voit bien qu’il ne s’agit pas d’urbanisme. Ils ont sorti tous les chèques encaissés par l’association et se sont aperçus qu’il s’agissait d’une mosquée autofinancée par les habitants et pas par Daech. »

Dans le même temps, de nombreux moyens sont mobilisés pour mettre la pression sur la communauté musulmane de Fréjus. L’avocat évoque une « débauche de moyens » : des hélicoptères de la gendarmerie survolent régulièrement la mosquée, qui est pourtant inoccupée depuis des mois. Les moyens mis en place dans cette affaire sont la preuve que l’État ne reculera devant rien pour imposer sa guerre sociale, stigmatisant les musulmans, en particulier à travers une islamophobie d’État, rendant ainsi d’autant plus important le combat contre le racisme et l’islamophobie, qu’il distille à travers ses nombreux amalgames, sa proclamation de l’état d’urgence et ses politiques guerrières.




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