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“Français de souche”, “fille de harki”. Un tract LREM aux tonalités d’extrême droite

"Français de souche", voici comment se définit dans son tract Pascal Rifflart, candidat au législative dans la Somme, non pour Marine Le Pen, mais bien pour Macron. Face au scandale celui-ci ne voit pas le problème ! Dans un département où l’extrême droite fait des gros scores, LREM est prête à tout pour grappiller quelques voix.

mercredi 25 mai

Face à ses détracteurs, le candidat aux législatives pour LREM/Renaissance dans la Somme, Pascal Rifflart assume totalement avoir utilisé l’expression « Français de Souche » dans un tract de campagne. Une expression directement empruntée à l’extrême droite, revendiquée par le site du même nom (qui se veut un outil de pénétration des idées nationalistes et nauséabondes de l’extrême droite), qui a mis en avant le tract du macroniste, candidat Renaissance et président du pôle métropolitain du grand Amiénois, d’où Macron est originaire.

Plus loin dans le tract sa suppléante est présentée comme « fille de militaire français harki », ceux que l’administration coloniale qualifiait justement de « Français de souche nord-africaine » mobilisés aux côtés de l’armée française contre la lutte de libération de l’Algérie, pour « l’Algérie française ». A lire le terme de « français de souche » et de « fille de harki » sur le même tract, on jurerait lire de la propagande lepéniste ou zemmourienne.

L’information a vite été relayée, notamment après avoir été relevée par un élu loal, et fait scandale de la part d’un groupe politique prétendant « faire barrage » à l’extrême droite.

Dans une mécanique classique chez LREM, d’abord on assume. Puis on se rétracte. Même mode opératoire quand Guérini défend un, désormais, ex-candidat condamné pour violences conjugales. Pascal Rifflart a joué la carte de la naïveté et a indiqué ne pas être au courant de la signification politique de l’expression « Français de Souche ». Alors que Macron a personnellement suivi l’investiture des 577 candidats, signe de l’importance accordée au moindre détail dans cette campagne, à la moindre accusation, les candidats jouent la carte du malentendu. Finalement, au vu du tollé, Rifflart a indiqué que l’expression ne figurerait plus sur les professions de foi envoyés aux électeurs, même s’il n’a rien trouvé à y redire quant au fond.

Ce qui est sûr c’est que Marine Le Pen a fait des scores très important dans la Somme, où la candidate du Rassemblement Nationale enregistre plus de 51% des voix. LREM/Renaissance semble prêt à tout pour grappiller quelques suffrages en surfant sur la rhétorique d’extrême droite. Une claire illustration de la perméabilité du discours macroniste et de sa politique aux idées d’extrême droite qu’il prétend combattre.



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