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TROISIEME SEMAINE DE GREVE

Fonderie de Bretagne : les grévistes multiplient les actions coup de poing pour visibiliser leur combat

Depuis le début de la semaine, les grévistes de la Fonderie de Bretagne multiplient les actions coup de poing, pour visibiliser leur combat face à la fermeture de la Fonderie que Renault veut leur imposer.

mercredi 12 mai

Aujourd’hui, 120 ouvriers de la Fonderie de Bretagne ont mené une action coup de poing, bloquant une voie SNCF de Lorient pendant trois heures. Une action qui vient s’ajouter aux deux autres menées depuis le début de la semaine, les grévistes cherchant à monter d’un cran dans leur combat contre Renault.

Ce lundi, les ouvriers ont empêché la tenue d’un CSE qui devait « officialiser la séparation de Renault avec la Fonderie de Bretagne et la recherche d’un repreneur ». Mardi, les ouvriers ont mené une deuxième action coup-de-poing, en organisant une « opération escargot » jusqu’à la sous-préfecture de Lorient et la maison de l’Agglomération, pour protester contre l’annonce de vente du site dans la presse.

La grève, lancée depuis le 27 avril fait suite à l’annonce du gouvernement d’acter les licenciements et les suppressions d’emplois dans le secteur de la fonderie et d’ouvrir un fond de 50 millions d’euros pour la reconversion des travailleurs. Et depuis le début de la mobilisation, la direction se contente de désoler en interne que la grève « nuisait à l’image du site », tout en appelant dans les médias à la reprise du travail.

Le caractère offensif de ces derniers jours est une réponse à celui de Renault, qui s’entête clairement à dire que « la fonderie de Bretagne n’est pas vouée à rester dans le groupe Renault ». Cette ligne dure de Renault s’est trouvée confirmée dans l’entretien à 15h avec les délégués syndicaux, où Renault n’a trouvé qu’à dire qu’il fallait reprendre le travail, continuant de provoquer les grévistes qui se battent depuis trois semaines pour l’emploi. Face à ce mur et à l’impasse du dialogue social, les ouvriers doivent continuer de construire le rapport de force.

L’histoire de cette mobilisation l’a montrée, une discussion avec Sénard n’apportera jamais de rien par elle-même, et si Renault s’assoit à la table des négociations, ça sera sans doute pour accepter de reprendre l’entreprise en supprimant de nombreux postes. Pour autant, les fondeurs n’ont pas à revenir sur leurs revendications, car à l’inverse des conclusions de Renault, leur usine est rentable, et ils l’ont déjà démontrée dans une contre-enquête commandée au cabinet Secafi. Et face aux arguments de la presse traditionnelle, qui avance que la production est tournée vers le diesel, les grévistes dénoncent les mensonges, leur production s’orientant largement vers l’électrique.

Si Renault et la presse traditionnelle ne veulent pas laisser entendre ces deux faits, les ouvriers doivent les imposer au débat public par leur mobilisation. Ce, d’autant plus que Renault a mené pendant la pandémie une politique criminelle, bénéficiant directement des larges plans d’aide de l’état, et indirectement des diverses aides à la consommation. Le groupe s’est donc largement enrichi et profite désormais de la crise pour se débarrasser des fondeurs. Ce sont donc 350 salariés qui sont forcés de se trouver un nouvel emploi avec plusieurs années de fonderie derrière eux, près de 700 sous-traitants livrés du jour au lendemain à la précarité. Ce sont aussi des familles forcées de se déplacer pour accompagner cette recherche d’emploi, forcée de se déchirer de tous leurs liens. C’est encore une génération qui ne retrouvera pas ces emplois perdus et devra composer avec l’héritage de la précarité que Renault veut imposer. Enfin, ça sera toute la zone de Caudan qui se videra et dépérira de la perte de ce bassin d’emploi. C’est pourquoi aucun compromis se traduisant par une suppression d’emplois ne doit être accepté par les fondeurs.

Face à la politique de Renault qui sacrifie la vie des travailleurs ,il est urgent de construire un rapport de force plus large, en faisant la jonction avec les salariés des autres fonderies en lutte. Cette politique de bloc avec les autres fondeurs, pour entamer une bataille commune pour l’emploi, pourrait permettre d’imposer un rapport de force capable de faire plier Renault.

Pour soutenir les fondeurs de Bretagne, participez à leur caisse de grève en ligne !




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